‹ Le Christianisme et ses origines (volume 3)Chapitre 18 sur 107 · I. Sui- la fjcirnnc, voir mou tumolil, ;i. -'JoS · texte numérisé non relu

I. Sui- la fjcirnnc, voir mou tumolil, ;i. -'JoS

deux quarts d'as et qu'il dit : « Je vous assure que cette veuve pauvre a donné plus que tous les autres » (xn, 43) ; mais qu'il est triste quand il répond à celui qui venait lui demander à genoux le moyen de gagner une vie éternelle (x, 17)! Il s'assure d'abord que cet homme, dès sa jeunesse, a accompli scrupuleusement toute la Loi. Alors il le regarde avec tendresse, et il lui dit: (( Tu n'as plus qu'une chose à faire ; vends ce que tuas, donne-le aux pauvies, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens avec moi. » Mais lui, peiné de cette parole, s'en alla tout chagrin, car il était fort riche. Et Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples : « Combien il sera difficile à ceux qui sont riches d'entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille qu'il ne l'est pour un riche d'entrer dans le royaume de Dieu! » On voit ici la popularité qu'iui tel langage a dû lui faire parmi ceux qui manquaient de tout.

On se demande à ce propos de quoi vivait Jésus. Ce n'était pas de son métier sans doute, depuis qu'il allait préchant par voies et par chemins ; mais des dons des siens, qui du reste ne devaient pas avoir de peine à lui suffire. Le plus ancien évangile parle des femmes qui s'étaient attachées à lui en Galilée et qui le servaient. (xv, 41.) Cela pourrait s'entendre seulement de leur travail et de leurs soins, apprêter ses repas, ses hahits, etc. ; mais un autre évangile dit plus explicitement qu'elles l'assistaient de ce qu'elles avaient {Luc, VHi, 3i, et nous apprenons d'ailleurs que c'était l'habitude des docteurs de se faire entretenir par des

femmes et même de s'enrichir de leur bien. {Marc, XII, 41.) Jésus ne s'enrichissait pas ; il avait l'aversion de la richesse, et même de la propriété. Rien n'indique cependant qu'il appartînt à celte singulière communauté des Essènes ou Essées, dont j'ai suffisamment parlé ailleurs i. Mais il était dans le même courant d'idées qui s'était répandu en Judée alors, et qui avait produit lès Essées.

Un trait bien remarquable, et pas assez remarqué, du plus ancien évangile, est le peu de compte qu'il tient de Marie mère de Jésus. Il ne parle d'elle que deux fois, et de la manière la moins favorable : la première dans le passage que j'ai cité déjà, où elle se met avec ses autres fils à sa poursuite, dans la pensée qu'il est fou, pour tâcher de le ramener, et où Jésus ne fait pas même attention à elle (m, 21, 31, 33); la seconde, quand Jésus, étant venu à Nazareth, y est accueilli si dédaigneusement : « N'est-ce pas le fils de Marie ? » et où il répond : « Un prophète n'est nulle part moins en honneur qu'en son pays, parmi ses proches et dans sa maison ( vi, 5). Il n'y a pas sur elle un mot de plus. Matthieu et Luc la relèvent, en ce sens du moins qu'ils présentent la naissance de Jésus comme miraculeuse, et, dans Luc surtout, elle fait une certaine figure; mais aucun des trois évangiles ne fait mention d'elle dans le récit delà Passion, et n'indique qu'elle ait assisté à la mort de son fils. Il faut supposer ou qu'elle n'existait plus alors, ou simplement

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