‹ Le Christianisme et ses origines (volume 3)Chapitre 30 sur 107 · I Co · texte numérisé non relu

I Co

2. Ro}7i., II. Paul y proteste de son respect pour les Juifs, de qui est sorti le Christ selon la cliair, puis il termine sa protestation par cette formule solennelle : « Que le Dieu qui est au-dessus de tout soit béni à tout jamais. Amen. x. Après seloii la chair, on a mis, au lieu d'un point, une virgule, ce qui voudrait dire : Le Clirist, qui est le Dieu suprême béni à tout jamais. Rien n'est plus contraire à la manière dont Paul comprend les rapports de Dieu et du Christ. (Voir I Cor., xv, 28, etc.)

LA KÉSURREGTION. — PAUL. 123

que le fait le quatrième évangile, comme ayant été au commencement et avant qu' Abraham fût ^. Il est vrai i^x'avant les temj^s Dieu avait décrété que le Christ serait, mais il n'était pas pour cela ; il n'a été qu'après les temps accomplis, quand Dieu a envoyé sur la terre, en le faisant naître d'une femme, celui qu'il a fait son Fils [Gai., vi, 4). Jusquelà il n'y avait pas de Fils de Dieu. Je ne du'ai pas cependaut que le Christ soit un homme comme un autre; car, étant le Fils de Dieu et ayant en luil'Esprit de Dieu, il ne connaît pas le péché. Paul le dit expressément (II Cor. V, 21).

Ceux qui veulent que Paul ait déjà conçu le Christ comme ce qu'on a appelé depuis une personne divine, s'appuient sur un texte dont il est vrai que l'obscurité piotège tous les caprices de l'imagination (I Cor., vni, G). Je \ais le traduire aussi littéralement que je le puis. Paul oppose liîs Fidèles aux Gentils, qui ont « plusieurs dieux et plusieurs seigneurs ». « Pour nous, dit-il, il n'y a qu'un Dieu, de qui tout, et nous à lui, et qu'un Seigneur, Jésus le Christ, par qui tout, et nous par lui. » Des critiques suppléent, dans la dernière partie de la phrase, par qui tout a été fait ; si l'on admet cette interprétation, il est clair que le Christ est bien le Yerbe, qui est dès l'origine des choses et qui a été le ministre de la création. C'est ce qu'on ht, en effet, dans l'Épître apocryphe à ceux de Colosses (i, 15-lG), qui parle en cela comme

1, Jean, i, 1 et vm, 52.

Philon d'Alexandrie. Mais Paul lui-même n'ayant jamais parlé ainsi, là où il parle clairement, je ne pense pas cpron doive lui attribuer ces idées. Et je crois qu'il faut entendre : par qui tout va se faire, c'est-à-dire par qui va s'accomplir l'œuvre du salut et de la régénération universelle. Car c'est là ce qui domine constamment la pensée de Paul; s'il a besoin du Christ, c'est pour la résurrection des morts et le renouvellement du monde ; c'est la grande œuvre pour laquelle a été envoyé le Fils de Dieu. Et voici comment je comprends ce verset énigmatique : Tout vient de Dieu, et nous, Fidèles, nous allons à lui *. (par la rédemption et la résurrection) ; tout se fait par le Christ, et nous, Fidèles, c'est par lui aussi que nous allons être sauvés et rendus à Dieu.

Ce qu'il y a de plus remarquable dans la christologie de Paul, c'est l'impersonnalilé de son Christ; il paraît singulièrement indifférent à l'égard de la personne de Jésus et de sa vie sur la terre. Le Christ ne le touche qu'en tant qu'il va descendre du ciel. Il dit en termes exprès : « Quand nous aurions connu Christ selon la chair, néanmoins aujourd'hui nous ne le connaissons plus (II Cor., V, 16). » On verra, il est vrai, qu'en parlant ainsi, il est occupé de se défendre contre les influences rivales des frères et des compagnons de Jésus. Mais, indépendamment de cet intérêt, la pensée qu'il exprime ici est bien sa pensée ; car il ne s'occupe nulle part, pour ainsi dire, de ce qu'a fait ou de ce

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