Voir tome III, p
Si, en effet, le Christ était venu, si on était arrivé à la fin des temps, si les morts devaient se relever tout à l'heure, si Thumauité et la nature même allaient être transformées, qu'avait-on encore à faire de la Loi, et à quoi bon la circoncision et le reste ? C'est ainsi que Paul prit son parti et que la Loi fut condamnée.
On a vu comment il a obtenu, des apôtres mêmes de Jérusalem, la dispense de la circoncision pour les chrétiens du monde hellénique, et il a raconté cette victoire avec orgueil. Il raconte aussi comment peu après il en a encore obtenu une autre. Céphas, étant venu à Antioche, frayait d'abord avec les gentils et consentait à manger avec eux, contrairement à la tradition des Juifs ^. Cependant, des envoyés de Jacques vinrent à Antioche, et se scandalisèrent de cette conduite. Céphas recula devant leur mécontentement, mais Paul s'éleva contre lui et le força de rentrer dans sa voie. Paul cependant n'était pas toujours obstiné, et savait aussi être souple; on a vu comment il fit circoncire Timothée et Silas ^. Mais plus il allait, plus l'adhésion des incirconcis et la résistance des Juifs le détachaient du judaïsme ; ses Lettres sont remplies des efforts qu'il fait pour se débarrasser de son passé. Il revient sans cesse à la circoncision, parce que, sur cepoint,iIn'y avait pas moyen de se taire ; il ne parle guère du reste, mais le peu qu'il en dit