James Dap.mesteter, Onnazi et Ahriman, p. 88, 122, etc
sur la moiilagne [Matth. \, 34), qu'il ne faut jamais faire un serment. On laisse dormir de même, sans en tenir aucun compte, les textes qui disent, très expressément encore, qu'avant que la génération à laquelle appartient Jésus ait cessé de vivre, le royaume de Dieu aura paru. De même enfin personne aujourd'hui, dans le monde chrétien, ne croit plus au règne de mille ans, et cependant rien de moins équivoque et de plus précis que ce qui en est dit au chapitre xx de V Apocalypse :
(( Et je vis un ange descendre du ciel, ayant la clef de l'Abîme et portant une grande chaîne. Et il prit le Dragon, l'antique serpent, qui est le diable et Satanas, etilTenchaînapour mille ans. Et je vis des sièges, et on prit place sur cessièges, et lejugement fut donné à ceux qui étaient assis. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été frappés de la hache, pour avoir rendu témoignage à Jésus et pour la parole de Dieu, et qui n'avaient pas adoré la Bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque de la Bête sur leur front et sur leurs mains ; et ils vécurent, et ils régnèrent avec le Christ mille ans complets (mot à mot, les milleans). Le reste des morts ne revient pas avant que les mille ans soient accomplis : c'est la première résurrection (xx, 1-5). » Les mille ans achevés, Satanas déchaîné fait une dernière tentative ; mais il est jeté dans « le lac du feu et du soufre ». — « Et je vis les morts, petits etgrands, comparaître devant Dieu, et des livres furent ouverts, et il fut ouvert aussi uii autre livre, qui est celui de la Vie, et les morts furent jugés d'après ce
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qui était dans les livres, suivant leurs œuvres. El la mer rendit les morts qu'elle avait en elle, et la mort eiVhadès {\e scheol de la Bible) rendirent ceux qu'ils tenaient, et ils furent jugés chacun selon ses œuvres. Puis la mort et Vhadès furent jetés dans le lac du feu : c'est la seconde mort (12-14). »
La critique rationaliste n'est pas embarrassée de ce récit bizarre. Elle n'y voit que les variantes d'une même idée, traduite de deux manières. L'une de ces formes consiste à dire que les élus régneront avec le Christ à tout jamais. L'autre, qui est probablement la première, disait qu'ils régneraient ainsi pendant mille ans ; expression d'un imagination naïve, pour qui mille ans, c'est l'éternité. Ceux qui ont trouvé que c'était trop peu n'ont pas pour cela rejeté cette promesse des mille ang ; ils en ont fait une distinction pour les saints entre les saints, c'est-à-dire les martyrs, sans se demander si cette distinction valait la peine qu'on la comptât, quand on avait l'éternité devant soi. Cela n'était bon que comme poésie ; les croyants, tenus de prendre cette poésie au sérieux, n'ont su qu'en faire et ils ont fini par y renoncer.
Je n'ai rien dit encore des chapitres n et m, qui forment comme un prologue de Y Apocalypse, et n'ont aucun rapport avec la vision qui la remplit; le Christ lui-même y adresse des instructions à sept églises d'Asie et à leurs anges. Plusieurs entendent par là leurs évêques ; mais les Juifs des derniers temps se figuraient des êtres surnaturels qui étaient comme les pa-
trons des peuples et présidaient à leurs destinées [Daniel, x, 13 et xn^ \). Ces anges sont peut-être aussi les patrons divins des sept églises, quelque chose comme les ferouers des Perses ^ Ce qui s'adresse à l'ange d'une église s'adresse à son Esprit.
Le Christ loue celui de l'église d'Éplièse pour son attachement à la vérité. « Je sais que tu ne peux supporter les mauvais; tu as mis à l'épreuve ceux qui prétendent être apôtres et ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs, n, 2. » Et plus loin (6) : « Tu as cela, que tu détestes les œuvres des nicolaïtes, que, moi, je déteste aussi. » Et dans le discours à l'ange de Smyrne : « Je sais que tu es insulté par ceux qui prétendent être Juifs et ne le sont pas, mais ne sont qu'une synagogue de Satanas (verset 9). » 11 félicite l'ange de l'égHse de Pergame de n'avoir pas renié la foi, dans cette ville où est le siège de Satanas (?), et où il y a eu un martyr : « Mais j'ai aussi à te faire quelques reproches ; c'est que tu as là des gens qui tiennent la doctrine de Balaam, lequel apprit à Balac à jeter une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël : c'était de manger des viandes sacrifiées aux idoles et de forniquer^. C'est ainsi que, toi aussi, tu as des gens qui tiennent les doctrines des nicolaïtes » (14-15). Il écrit enfin à l'ange de l'église deThyatires : « Mais j'ai contre toi une grande chose : c'est que tu laisses faire cette femme, lasahel, celle qui se dit prophétesse et qui endoctrine mes serviteurs, et les induit