‹ Le christianisme et ses origines (volume 4)Chapitre 30 sur 109 · Jeanti, let viii · texte numérisé non relu

Jeanti, let viii

i24 LE CHRISTIANISME ET SES ORIGINES.

Philon d'Alexandrie. Mais Paul lui-même n'ayant jamais parlé ainsi, là où il parle clairement, je ne pense pas qu'on doive lui altribuer ces idées. Et je crois quil faut eatendre : par qui tout va se faire ^ c'est-à-dire par qui va s'accomplir l'œuvre du salut et de la régénération universelle. Car c'est là ce qui domine constamment la pensée de Paul; s'jl a besoin du Christ, c'est pour la résurrection des morts et le renouvellement du monde ; c'est la grande œuvre pour laquelle a été envoyé le Fils de Dieu. Et voici comment je comprends ce verset énigmatique : Tout vient de Dieu, et nous, Fidèles, nous allons à lui *. (parla rédemption et la résurrection) ; tout se fait par le Christ, et nous, Fidèles, c'est par lui aussi que nous allons être sauvés et rendus à Dieu.

Ce qu'il y a de plus remarquable dans la christologie de Paul, c'est l'impersonnalité de son Christ; il parait singulièrement indifférent à l'égard de la personne de Jésus et de sa vie sur la terre. Le Christ ne le touche qu'en tant qu'il va descendre du ciel. Il dit en termes exprès : << Quand nous aurions connu Christ selon la chair, néanmoins aujourd'hui nous ne le connaissons plus (II CoT.^ V, 16). » On verra, il est vrai, qu'en parlant ainsi^ il est occupé de se défendre contre les influences rivales des frères et des compagnons de Jésus. Mais, indépendamment de cet intérêt, la pensée qu'il exprime ici est bien sa pensée ; car il ne s'occupe nulle part, pour ainsi dire, de ce qu'a fait ou de ce

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