aOiôv, avec mouvement
qu'a dit Jésus, sauf le récit de la Cène, sur lequel je vais m' expliquer tout à l'heure. En un endroit seulement, demandant à ses adversaires de ne pas s'obstiner à se tenir en état de guerre contre lui, il les en presse var la patience et la facilité du Christ (II Cor.^ x, 1). A ce mot près, il semble que Jésus n'est pour lui qu'un simple instrument de la puissance divine, en qui il n'y a à considérer que l'action de Dieu. C'est à Dieu, par exemple, qu'il fait honneur de la rédemption, pour ainsi parler, et non pas au Christ lui-même. <( Si Dieu est pour nous, qui donc contre nous ? Il n'a pas épargné son propre Fils, et l'a livré à la mort pournous tous... Qui peut nous enlever Tamour de notre Dieu ? La Iribulation, la gêne, la persécution, la faim, la dénuement, le péril, l'épée? ..• A travers toutes ces épreuves, nous triomphons par celui qui nous a aimés. Je suis sûr que ni mort, ni vie, ni anges, ni Puissances, ni présent, ni avenir, ni Vertus, ni ciel, ni enfer, ni aucune autre créature, ne pourra jamais nous enlever l'amour de notre Dieu (manifesté) en Jésus le Christ notre Seigneur » {Rom,, vm, 31-39). C'est Dieu, qui livre son Fils, et non pas ce Fils qui se livre ; c'est Dieu, et non le Christ, qui nous témoigne ainsi son amour. Et ce dernier trait se remarque d'autant plus qu'il a été longtemps dissimulé par l'altération du texte. On lisait : << Qui peut nous enlever l'amour du Christ ? » Mais il y a rf<? Dieu dans les manuscrits du Sinaî et du Vatican. Et il existe trois autres passages, dans les Ëpttres authentiques de Paul, où la vraie leçon Dieu avait été remplacée ainsi par
Christ^ SOUS l'influence sans doute des croyances d'ua autre temps, qui identifiaient l'un avec l'autre *.
La nQême manière de comprendre la rédemption se retrouve d'ailleurs dans plusieurs passages des Lettres de Paul {Rom,, in, 25; v, 8; vm, 3; II Cor,, v, 11). et dans un verset de la première Épître altribuée ji Jean (iv, 10).
Il est vrai qu'on trouve aussi deux versets qui, tels que nous les lisons, présentent l'idée que c'est le Chrisl lui-même qui s'est donné, et qui l'a fait par amour pour nous (Gfl/. , i,3,etn, 20). Mais les lisons-nous tels que Paul lésa écrits? Il y a des raisons sérieuses pour ne pas l'admettre et pour lire ces versets de la manière suivante : « Delà pàlt de Dieu, père de nous et de notre Seigneur le Christ Jésus, (de Dieu) qui fa. donné pour nos péchés. »
« Je vis dans la foi du Fils de Dieu, (de Dieu) qui m'a aimé et qui Ta livré pour moi ^. »
1. I Cor,^ II, 1 ; Rom.t x, 17 ; Rom.^ xiv, 10. Peut-être faudrait-il lire aussi 6eou pour XpiaToudansII Cor., y, 14, quoique cette leçon ne se trouve dans aucun manuscrit ; mais le verset 14 se rattacherait mieux ainsi au verset 13. Voir aussi ilc^, xx, 28.