‹ Le christianisme et ses origines (volume 4)Chapitre 42 sur 109 · po/o^e^., ibidem · texte numérisé non relu

po/o^e^., ibidem

3. Quand arait lieu le repas du Seigneur ? était-ce périodiquement et à un Jour déterminé ? Etait-ce simplement quand l'assemblée se réunissait, comme semble l'indiquer le verset 17 ! Hais cette réunion elle-même arait-elle lieu k jour flie ? .C'est ce que le texte de Paul jie nous apprend pas.

membres de la communauté, qui s'y trouvaient distribués nécessairement dans des situations très inégales. Tout le monde aurait voulu les premières places, celles des apôtres et des maîtres ; ceux qui étaient réduits aux dernières en souffraient, et demandaient à quoi bon être d'une Église. Paul recourait, pour les ramener, au vieil apologue de Menenius Agrippa : il y a l'œil, il y a la main, il y a le pied ; tous doivent conspirer pour le bien du corps tout entier. Le pied ne doit pas dire, parce qu'il n'est pas la main, qu'il n'est pas du corps. Paul descend jusqu'à cette image naïve : « Les parties du corps que nous jugeons les moins honorables, nous leur accordons plus qu'à d'autres l'honneur de l'ajustement, et ce que nous avons en nous de moins décent est ce que nous habillons avec le plus de décence ; car ce qui est décent de soi-même n'a besoin de rien... Tous ensemble vous êtes le corps de Christ, et chacun de vous en est un membre (xii, 15-27). »

Dans son ardeur d'émancipation, Paul n'avait pas craint de dire : « Il n'y a pas de Juif ni de Grec; il n'y a pas d'esclave ni de libre ; il ri y a pas de mâle et de femelle; car tous, tant que vous êtes, vous n'êtes qu'un en le Christ Jésus (Ga/., ui, 28). » On n'imagine pas une formule plus hardie ; mais, en pratique, il semble que Paul s'est trouvé gêné de cet élan des femmes vers la liberté. Il les rappelle à leur condition inférieure. Qu'elles ne paraissent dans l'assemblée que voilées. « L'homme n'a pas à se voiler la tête, étant l'image et l'auréole de Dieu (sa SéÇot),

tandis que la femme est Tauréole de son mari. Car le mari ne vient pas de la femme, mais la femme du mari, et le mari n*a pas été créé pour la femme, mais la femme pour le mari (xi, 7-9). » On sait que cette étrange physiologie est dans la Genèse. « C'est pourquoi la femme doit porter sur sa tête l'autorité, à cause des anges. » Cette phrase signifie que le voile que la femme porte sur sa tète est le symbole de Tautorité que le mari a sur elle. On lit plus haut : « La tête de tout homme (c'est-à-dire son supérieur) est le Christ; la tête de la femme est l'homme, et la tête du Christ est Dieu. » Mais pourquoi à cause des anges ? C'est que, de même que la femme appartenant à son mari ne doit pas être vue des aut^es hommes, elle ne doit pas l'être même des anges, qui pourraient, aussi bien que les hommes, concevoir pour elle des désirs, ainsi qu'il leur était arrivé au commencement du monde, d'après une tradition indiquée dans la Qenèse (iv, 2), et développée dans le Livre d'Enoch *. Or, on croyait que les anges étaient particulièrement présents dans les lieux de prière, pour porter les prières à Dieu^.

Un peu plus loin, il déclare sèchement que les femmes ne doivent pas se mêler d'être inspirées : « Dans les assemblées, que vos femmes se taisent, car il ne leur est pas donné de parler, mais d'obéir,

1. Voir mon tome ni, p. 370. L'Épttre qai porte le nom de Jada (verset 6) rappelle comment les anges ont sacrifié alors leur dignité et quitté leur demeure céleste pour venir chercher ces femmes sur la terre.

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