Voir mon tome UI, p. 221, en note
pas de rachat, » ix, 22, et il déclare, ce qui n'avait été dit jusque-là par personne, que la mort du Christ répond au sacrifice expiatoife que le grand prêtre faisait une fois Tannée seulement en pénétrant dans le sanctuaire [Exode, xxx, 10).
Le sacrifice de la messe ^ suivant l'expression catholique, a donc pour origine TÉpître aux EébreuXj et pourtant il implique des idées absolument opposées à celles de l'auteur de cette Épître ; car celui-ci n'entend pas que le sacrifice se renouvelle et se perpétue. Il déclare expressément qu'à la différence des sacrifices de l'ancienne Loi, il n'a eu lieu qu'une fois, à la fin des temps, ix, 26 (l'idée fixe des premiers chrétiens étant qu'ils vivaient à la fin des temps), et il en conclut que celui qui retombe dans. le péché après avoir été sauvé par ce sang n'a plus d'espoir de salut, car il ne reste plus de sacrifice pour le racheter (x, 26 et VI, 6); conclusion qui a cruellement embarrassé les théologiens *. Le Catéchisme dit, au contraire : « La messe est le sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ, ofl'ert sur l'autel sous les apparences du pain et du vin, pour représenter et continuer le sacrifice de la croix ; » et il ajoute que l'Église l'offre à Dieu, entre autres motifs, « pour en obtenir le pardon de nos péchés » 2.
Le fameux opuscule posthume de Joseph de Maistre, Éclaircissement sur les sacrifices, est une espèce de
1 . Voyez Bossuet, dans VOraison funèbre d*Anne de Gonzagae : « l\ est impossible, dit-il, qu'une teUe àme soit renouvelée par la pénitence ; impossible ! quelle parole 1 etc. »