Tertullien, Apologét; S
2. jQ.n*oublie pas qu'il y a aujourd'hui des croyants qui sont des savants; mais ils sont nés dans la fol et y plongent par toutes leurs racines. Cette foi elle-même a une possession de 1800 ans, dont le poids leur semble pouvoir emporter toutes les objections et toutes les difficultés, si bien qu'ils ne les examinent même plus . Hs aiment mieui les regarder comme des chicanes, qui ne méritent pas de les arrêter. Et ces savants qui croieul deviennent d'ailleurs de plus en plus rares.
a étonné, ce qui a été nouveau, mais aussi ce qui a touché et enlevé les hommes, c'est la foi au Christ qui allait venir et à la résurrection prochaine. C'est par là que le monde a été pris, c'est-à-dire parce que le christianisme avait en lui de moins soUde et de moins durable. Aujourd'hui, personne ne pense plus à la résurrection: pour le Christ, on y pense sans doute; il est aux âmes pieuses un ami'et un consolateur invisible et toujours présent. Mais ces âmes pieuses nô sont après tout qu'un petit noqibre, et la foule, qui se croit chrétienne, ne s'occupe guèt*e de Jésus-Christ. Tout le monde alors s'en occupait avec passion, et n'avait que le Christ et la résurrection dans la pensée. Le principe de cette foi et de cette ardeur, c'était la souffrance des âmes blessées. La servitude romaine avait produit un état de choses qui était devenu insupportable, et où la vie n'était plus vivable, suivant Texpi*ession des Grecs. J'ai déjà cité un mot profond d'un de mes maîtres : « L'histoire est une série de ressources pour une série de misères *. » Une série, parce que la ressource devient souvent à son tour une misère nouvelle, pour laquelle il faut une autre ressource. L'empire romain condamné devait être détruit. Il le fut au dehors, assez tard, par l'invasion des barbares ; mais de très bonne heure il commença de l'être au dedans par la propagande juive et chrétienne. Les hommes du Christ ne pouvaient, ce semble, que rêver la transformation du monde ; mais le rêve fut