III
pas : C'est le Seigneur qui m'a fait pécher, car ce qu'il déteste, tu ne dois pas le faire. Ne dis pas : C'est lui qui m'a égaré ; car il n'a pas affaire du pécheur. Le Seigneur hait toute profanation ; ce doit donc être chose haïe de ceux qui le craignent. Au commencement il a fait l'homme, et il l'a abandonné à son discernement. Si tu le veux hien, tu garderas ses commandements, en observant fidèlement la règle. Il a mis devant toi l'eau et le feu : c'est à toi de porter la main là où tu voudras. » — On ne trouve nulle part dans la Bible hébraïque un passage qui approche autant d'une thèse de philosophie.
Au verset xxi, 27, on lit le nom de Satanas comme un nom propre, mais je reviendrai ailleurs sur ce verset.
Le Fils de Sirach ne connaît, non plus que les écrivains bibliques, ni résurrection ni immortalité *.
Il est dit, au verset xu,7, que le Seigneur a puni jadis la révolte des géants. Les géants sont nommés dans la Genèse (vi, 6), mais il n'y est point parlé de leur révolte. Un verset d'un autre apocnjp/wn, la Sagesse de Salomon (xiv, 6), montre qu'on supposait que c'était la race de ces géants qui peuplait la terre au moment du déluge, et que le déluge avait abîmée 2.
Tout concourt donc à témoigner que le livre du Fils de Sirach est très-voisin de l'époque chrétienne. Et cependant le texte grec est précédé d'une préface où un Jésus, fils de Sirach, déclare qu'il s'est établi en