‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 107 sur 183 · C'est à peu près ainsi que, dans la Renriade de Voltaire · texte numérisé non relu

C'est à peu près ainsi que, dans la Renriade de Voltaire

Charlemapne et Clovis Veillent du haut des cieu* sur l'empire des lis.

Le héros iïlsaïe est donc un personnage historique ; mais il vint un temps, quand la Judée fut tombée sous la puissance terrible de Rome, où, en relisant \esp?'ophéties, on ne put s'empêcher de les appliquer, non plus à un passé qui n'avait pas d'intérêt, mais à l'avenir qu'on s'obstinait à rêver, quoique impossible. En elfet, qu'importaient les délivrances d'autrefois à ceux sur qui le joug pesait de nouveau, plus lourd que jamais? On ne comprenait plus d'ailleurs les exagérations de la langue poétique des prophètes ; les imaginations, devenues plus exigeantes par la souffrance, voulaient tout prendre à la lettre, et faisaient d'une métaphore un miracle. Le libérateur espéré, qu'on ne pouvait plus attendre du cours vraisemblable des choses, devint un personnage surnaturel, et c'est ce personnage qu'on crut voir annoncé dans les prophètes. On l'appela l'Oint par excellence, en hébreu le Messie, en grec le Christ l.

C'est dans les psaumes qu'on a trouvé ce nom de l'Oint, qui n'est même pas dans Isaïe 2. Le psalmiste, qui chante les luttes réelles d'Israël contre les Gentils, nomme plus d'une fois, à côté d'Israël, l'Oint, c'està-dire le prince grand prêtre qui conduit le peuple au nom de son dieu. Il représente les chefs des peuples conjurés contre Iehova et contre son Oint, ri, 2. Il compte que Iehova délivrera son Oint menacé, xx. 7 ; xxvm, 8. — « Regarde, ô mon dieu, la face de ton Oint, lxxxiv, 10. » — « Ne permets pas que ton Oint

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