‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 109 sur 183 · Plutarque, Pompée · texte numérisé non relu

Plutarque, Pompée

que, d'après la doctrine desMagos. les hommes doivent ressusciter un jour et devenir immortels : Diogène ajoute qu'Eudème de Rhodes disait la même chose. Le livre sur Isis et Osiris dit aussi, après avoir parlé de la doctrine mazdéenne d'un dieu du hien et d'un dieu du mal (p. 370) : « Théopompe assure que, d'après la doctrine des mages, ils doivent dominer chacun à son tour pendant trois mille ans ; pendant trois autres mille ans, ils se livreront combat et détruiront l'œuvre l'un de l'autre ; à la fin, le dieu de la mort succombera, ~ov aSqv œKokelizea-Qui ; alors les hommes seront heureux ; ils ne mangeront plus et n'auront plus d'ombre. » Mais nous avons les textes mazdéens eux-mêmes, et on y lit que la résurrection doit s'accomplir par un personnage à qui il appartient de détruire le mal et d'amener le règne du bien : « Nous adorons la lumière souveraine qui s'attachera à (laoshyant, tueur de démons, et à ses compagnons, lorsqu'il ranimera le monde, l'affranchira de la vieillesse et de la mort, de la corruption et de la pourriture, le rendra éternellement vivant, éternellement accroissant, maître de lui-même, alors que les morts se relèveront, que l'immortalité de vie viendra, et que le monde recevra la vie au gré de ses vœux l. »

Tertullien reconnaît qu'il y avait dans la religion de Mithra ce qu'il appelle une copie de la Résurrection, et qui en était sans doute l'original : et imagi-

1. J'emprunte cette traduction au livre de M. James Darmesteter, Ormazd et Ahriman, leurs dH</ines et leur histoire, 1S7U (thèse prés Mitée à la Faculté des Lettres de Paris), p. '12Q. Voir aussi p. 328.

nem resurrectionis inducit. C'était probablement

Mitlira lui-même qui devait ressusciter ses fidèles '.

t !hez les Juifs aussi, l'idée du Christ s'est associée à celle de la Résurrection ; c'était le Christ qui devait les ressusciter, et dès lors il ne pouvait être simplement un homme, mais quelque chose d'intermédiaire entre l'homme et le dieu. On lisait dans le psaume u ces paroles : « lehova m'a dit : Tu es mon fils », appliquées au roi qui conduit le peuple élu. On les appliqua au Christ ou Messie, et ce personnage reçut comme un titre particulier ce nom de Fils de Dieu a.

La croyance à la Résurrection, ainsi reçue des Perses par les Juifs, ne gagna que difficilement le monde grec, sans doute parce qu'elle répugnait trop à l'esprit philosophique. Mais on avait accueilli assez volontiers, parmi ces imaginations orientales, l'idée d'une fin du monde prochaine, qui devait être suivie d'un renouvellement. Au moment où Marins, annonçant les Césars, s'apprêtait à bouleverser la constitution romaine, Plutarque nous apprend que les haruspices d'Étrurie, consulté sur divers prodiges, avaient dit que ces prodiges annonçaient une révolution de l'univers et l'avènement d'une nouvelle race d'hommes. Car il y avait, disaient-ils, huit âges assignés à l'humanité, dont chacun devait se clore par des signes

Page 1