PREFACE. XI
chapitre entier. Comme ils sont tout voisins du christianisme, et comme en même temps ils ne lui ont rien emprunté, ils fournissent à l'histoire de ses origines un document du plus grand prix, et s'ils étaient lus davantage en France, cette histoire y serait, je le crois, bien mieux connue. Malheureusement, les Œuvres de Philon ne sont, pour ainsi dire, pas encore traduites en français, puisqu'il n'en existe qu'une traduction du XVIe siècle, non complète, non réimprimée, qu'il faut aller chercher dans un volume peu accessible et peu attirant, et dont la langue n'est plus précisément notre langue l.
Sans doute plusieurs de nos écrivains et de nos critiques ont parlé et très-bien parlé de Philon. Le chapitre de M. Franck dans sa Kabbale, sur les Rapports de la Kabbale avec les doctrines de Philon, suppose une étude complète de Philon lui-même. M. Vacherot, dans son Histoire de l'école d'Alexandrie, 1846, c'est-à-dire de la grande école philosophique du IIIe siècle, a résumé fortement l'esprit et la philosophie de Philon, en manière d'introduction à son sujet. M. J. Denis, dans son Histoire des théories et des idées moitiés de l'antiquité, 1836, dont j'ai dit ailleurs le mérite (et je ne l'ai peut-être pas encore
1. Dans un volume intitulé : Philon d'Alexandrie, Écrits historiques, etc., 1SG7 (librairie Didier), M. Ferdinand Delaunay a donné la traduction des deux livres Contre Flaccus et Légation à Caius. Il a traduit depuis, dans Moines et Sibylles, 1874, le petit écrit sur la Vie contemplative.