‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 118 sur 183 · Au-dessous de ce vers · texte numérisé non relu

Au-dessous de ce vers

Jérusalem renaît plus charmante et plus belle.

Racine a soin d'écrire en note : « L'Église. » — Voir Lettre aux fibreux, xti. 23.

soutenus; c'est une conception toute nouvelle; si nouvelle que le mot grec àyysXoi, qui ne signifiait que Messagers, a perdu ce sens original, et qu'au lieu de le traduire en latin par mincit, on l'a transcrit simplement sous la forme angeli, faisant pour une idée à part un mot à part.

Cette conception parait encore venir du mazdéisme, qui place autour d'Ormazd, son dieu suprême, une multitude de dieux ou génies de divers étages, à la tête desquels sont les Amschaspands, au nombre de sept (sans doute à cause des sept planètes). C'est ainsi que dans Tobie et dans Y Apocalypse, il est parlé des sept anges ou des sept esprits qui sont admis en la présence du dieu souverain et se tiennent autour de son trône.

Il y a un livre hébreu, mais un seul et des plus modernes (c'est celui de Daniel), où cette conception des Anges parait déjà, quoique ces personnages célestes n'y soient pas nommés du nom que nous traduisons ainsi. L'écrivain dit : un Saint, un Veillant l. Ailleurs, il dit simplement qu'il voit un homme ou une figure d'homme. Mais c'est là que se trouvent pour la première fois les noms de Gabriel et de Michael (Raphaël est dans Tobie) ; là se trouve aussi l'idée que ces êtres divins sont des génies protecteurs des peuples. Un d'eux dit à Daniel : « Le prince des Perses (c'est-à-dire le génie supérieur qui préside

1'. Chap. iv, 10. Comme qui dirait, un gardien, une sentinelle ; l'expression se retrouvait dans le Livre d'Hénoch (oî Èv&riyopot, dans les fragments conservés par George le Syncellos).

à leurs destinées) a combattu contre moi ; mais Michael, l'un des premiers princes, est venu à mon secours, et j'eus le dessus (x, 13). » Et plus loin un lit (xu, 1) : « Michael, le grand prince, se lèvera, celui qui assiste les fils de ton peuple. »

On peut penser que c'est d'après cette idée qu'un verset du Deutéronome (xxxii, 8) a été absolument transformé dans la version grecque dite des Septante : « Quand le Très-Haut assigna leurs parts aux nations, en distribuant les fils de l'homme, il établit les limites des peuples suivant le nombre des fils d'Israël [c'està-dire en réservant pour eux assez de terre]. Car la part de Iehova, c'est son peuple : c'est Jacob dont il fait son lot. » Mais on lit dans les Septante : « Il établit les limites des peuples d'après le nombre des Anges de Dieu. » Ces Anges sont les patrons des peuples, tandis qu'Israël a pour patron Iehova lui-même.

Ce n'est pas la seule altération de ce genre. Au verset 25 du psaume lxxviii, à propos du miracle de la manne tombée du ciel, il était dit : « Ainsi ils mangèrent du pain des grands seigneurs l ». Les Septante ont mis : « du pain des Anges, » et la Vulgate les a suivis. Cela a passé de là dans la Sagesse de Salomon, xvi, 20; dans le Quatrième livre d'Esdras, î . 20, et aussi dans le quatrième Evangile, où on a mis cette traduction dans la bouche même de Jésus.

Les Anges ont été place.- ainsi mal à propos dans plusieurs autres endroits de la Bible.

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