‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 126 sur 183 · Lettre cxc, à Amphiloclios · texte numérisé non relu

Lettre cxc, à Amphiloclios

la sagesse grecque. Ces livres étaient réellement des livres juifs. C'est ainsi qu'on fit des poésies juives sous les noms d'Orphée, de Phocylide, de Sophocle, etc.; de la philosophie juive sous ceux de Cléarque, de Théophraste et d'autres encore1. Ce que les Juifs ont fait de plus curieux en ce genre, ce sont leurs Vers sibyllins.

Les Hellènes n'avaient pas proprement d'écritures saintes : s'ils ont eu des espèces de rituels ou de codes sacrés, il ne s'en est rien conservé'2. Cependant ils eurent de tout temps des Oracles ; nous en trouvons déjà plusieurs dans Hérodote; ils sont très-courts, d'une douzaine de vers au plus. La plupart des Oracles sortaient des temples ; quelques-uns étaient attribués à des inspirés libres, hommes et femmes, et, parmi celles-ci, aux Sibylles. Les prédictions des Sibylles prirent surtout de l'autorité dans le monde romain. Rome avait des Livres sibyllins; on prétendait que le roi Tarquin l'Ancien les avait reçus des mains mêmes de la Sibylle. A l'entrée du premier siècle avant notre ère, quand le Capitole, ayant été brûlé vingt ans avant le consulat de Cicéron, l'ut rétabli sept ans après, un sénatus-consulte ordonna que trois députés seraient envoyés en Ionie, pour} recueillir les oracles de la Sibylle d'Erythrée : ils rapportèrent un millier de vers, dont le temple reçut le dépôt ; un collège de quinze membres présidait à la

1. Sur ces derniers, voir la note (• dans V Appendice de mon Méni lire sur Bérose et Manéthon, tibr. Hachette, 1873.

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