‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 128 sur 183 · Mémoire sur Bérose et Manéthon, Appendice, note A · texte numérisé non relu

Mémoire sur Bérose et Manéthon, Appendice, note A

LE JUDAÏSME ALEXANDRIN ET PHILON. 3s7

Juifs y vivaient enveloppés de l'esprit hellénique. Le sanhédrin n'était pas là pour fermer la porte aux nouveautés, aux spectaeles païens, aux lettres et à la sagesse profanes ; le judaïsme en Egypte ne faisait plus la loi ; il lui fallait gagner les Gentils et les amener à lui, et il ne pouvait le faire qu'en se prêtant à leurs idées. La liberté même avec laquelle se produisait l'opposition de leurs adversaires les obligeait à raisonner leurs croyances, c'est-à-dire à se faire une philosophie.

Il y a eu sans doute avant Philon des Juifs qui ont philosophé sur leur foi. On nomme Aristobule, précepteur de Ptolémée Physcon l, comme ayant adressé à Ptolémée Philométor des explications sur le Pentateurjiœen plusieurs livres, et Clément et Eusèbe citent des fragments de son ouvrage. Cet écrit, dont Joseph n'a pas parlé, ne semble pas plus authentique que le discours d'Éléazar rapporté dans le Pseudo-Aristée 2. Il ne nous reste rien delà doctrine juive alexandrine avant Philon ; mais les ouvrages de Philon supposent des esprits préparés à les lire, et nourris des lettres et de la philosophie de la Grèce, aussi bien que des Écritures. Nous trouvons dans ces livres un nouvel élément, et un élément considérable, de la formation du Christianisme. Le mouvement populaire qui a fait une révolution au nom du Christ n'est pas parti du judaïsme d'Alexandrie ; mais la théologie chrétienne, la philosophie chrétienne, le christianisme des doc-

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