‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 13 sur 183 · PREFACE. XIII · texte numérisé non relu

PREFACE. XIII

juger. Je ne pourrais mentionner d'ailleurs que des livres français, et ce ne serait pas assez, car les études d'histoire religieuse relèvent surtout de la science allemande. Chez nous, la domination de l'Église a tué l'exégèse. Richard Simon avait essayé de la faire vivre, mais son effort a nécessairement avorté. Il est vrai que le génie de la France s'est amplement dédommagé par l'incomparable essor de la libre-pensée philosophique. Elle a eu Yoltaire, celui qui a dit, et il avait le droit de le dire :

J'ai fait plus en mon temps que Luther et Calvin.

Elle a enfanté l'esprit qu'on appelle la révolution, et contre lequel l'Église lutte en vain. Mais dans ces grandes conquêtes de la raison, la part de la science n'a pas été tout ce qu'elle aurait pu être. On ne se souciait même pas assez de savoir ; et comme on dédaignait les traditions théologiques, on ne prenait pas la peine de les approfondir. Cependant rien n'est achevé, là où la science elle-même n'a pas achevé son œuvre, et, tant que l'étude n'a pas dissipé les obscurités qui enveloppent la tradition, ces obscurités mêmes lui sont une protection et une défense ; mais on ne peut faire pleinement la lumière qu'à l'aide de l'érudition et de la critique. Cette critique, la liberté du protestantisme germanique l'a donnée à l'Allemagne ; c'est de là qu'elle nous est venue, et ce sont d'abord les maîtres allemands qu'il faudrait citer. Mais je

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