XIV PRÉFACE
n'ai pu étudier d'une manière directe que ceux de leurs livres qui ont été écrits en latin ou traduits en français. Je n'en ai pas moins indirectement profité des autres, en ce que les vérités qu'ils ont répandues ont passé dans les leçons et les ouvrages des critiques français. Parmi les écrits composés sur le judaïsme, il y a lieu de considérer à part ceux qui l'ont été par des Israélites, et que cette circonstance rend particulièrement intéressants. On a toujours à profiter avec l'écrivain qui parle de ce qu'il connaît et de ce qu'il aime : mais chacun sait quelle est la vénération et l'amour de tous les Israélites pour Israël ; quel est leur juste orgueil du rôle que le judaïsme a rempli dans l'histoire morale et religieuse de l'humanité, et leur ambition même d'un avenir digne de ce passé et qui en soutienne la grandeur. Ces sentiments leur sont communs à tous ; ils entraînent quelque péril, dont tous ne savent pas se défendre. Ils comptent parmi eux des philosophes et des savants qui, dans leur pieuse "fidélité à de grandes traditions, restent assez philosophes et assez savants pour qu'on puisse les prendre pour guides ; mais il faut se tenir en garde contre ce que j'appellerais les livres d'édification, et aussi contre les écrits polémiques. La polémique peut dominer même dans un ouvrage qui se présente comme livre d'histoire ; elle domine en effet dans les Pharisiens de M. Cohen. * C'est un ou-
1. Les Pharisiens, 2 vol. in-8, 1877. librairie Calmann Lévy.