Eusèbe, Hist. eccl., IX
tualisme ; elle n'entre pas dans les abstractions ; mais le dieu de Philon est un esprit pur, non pas seulement ordonnateur, mais aussi créateur, et qui a fait passer les choses du néant à l'être. Saisissable seulement par son existence, tout à fait inaccessible dans son essence, il n'est ni dans le temps, ni dans l'espace, mais au-dessus de l'espace et du temps; il existe en dehors de tout, se remplissant de lui-même et se suffisant à lui-même; incréé, infini, éternel, immuable; à qui toute la création n'ajoute rien, et qui ne perdrait rien à la destruction universelle. Une pareille théologie est le produit compliqué de plusieurs génies et de plusieurs âges. On disait encore : Est-ce Platon qui parle comme Philon, ou Philon qui parle comme Platon l? Mais ce n'est pas par Platon seulement que Philon a été formé ; il en cite d'autres quelquefois parmi les anciens; et tels maîtres plus voisins de lui, qu'il ne cite pas et qui sont perdus pour nous, avaient contribué sans doute à porter la métaphysique platonique au point où nous la trouvons dans ses livres.
Ce n'est pas tout ; il faut ajouter que la métaphysique de Philon n'est pas purement hellénique ; elle contient des éléments étrangers, que j'essaierai de démêler tout à l'heure ; mais je dois d'abord présenter les doctrines de Philon dans leur ensemble, telles qu'il nous les donne et telles qu'elles semblent être sorties de ses méditations et de ses lectures, formant