‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 133 sur 183 · République, p. 50S · texte numérisé non relu

République, p. 50S

2. Comparer, dans le Nouveau Testament, Coloss., i. 15. Voir aussi VI. Louis Ménard, Hermès Trismégiste, 1SGG, pages xxxi, xlii, xliii, etc.

3. Voir le livre d'Isis et 0*iri$, p. 37"?. — Maspero, p. 28.

traduire cette triade ou trinité de dieux en une triade philosophique : le Père, c'est l'esprit (ou la force), qui engendre ; la Mère, qui conçoit, c'est la nature ou la matière; le Fils, c'est le monde créé . En voici une autre dans Philon : le Père est toujours le créateur, mais la Mère est sa Sagesse, dans le sein de laquelle il engendre, « non pas à la manière de l'homme », le Fils ou le inonde, conçu d'un germe divin.

Si on considère que la déesse égyptienne de Sais, Neith, dont le nom est dans Platon, devait être la Nature mère., d'après l'inscription célèbre conservée dans le livre d'Isis et Osiris, et que d'un autre côté, Neith a été de bonne heure identifiée à Athéné, on comprend aisément que la Sagesse ait pris la place de la Nature dans la trinité de Philon -.

Philon trouvait d'ailleurs dans la Bible hébraïque (il est vrai que c'est dans la partie moderne de la Bible), la Sagesse ou l'Intelligence personnifiée. Dans le livre des Proverbes (la Loi ni même les Prophètes n'ont rien de semblable), la Sagesse elle-même prend la parole ; elle déclare qu'elle est la source de tout bien ; que Iehova l'a produite dès l'origine, avant qu'il eût fait encore aucune de ses œuvres, et qu'elle a présidé à toutes ses créations 3. Ces brillantes figures ont-elles, à l'insu même de celui qui les emploie,

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