‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 134 sur 183 · Ch. vin. Voir aussi Job, xxvm · texte numérisé non relu

Ch. vin. Voir aussi Job, xxvm

une origine mythologique ? On trouve, en effet, dans de vieux mythes grecs, dont on ignore la source, Métis ou l'Intelligence mystérieusement unie au dieu suprême, concevant de lui, puis enfermée dans lui, de sorte que lorsqu'elle enfante Athéné, celle-ci sort de la tète de son père *. Quoi qu'il en soit, ces images des gnomiques hébreux, renouvelées dans Yapocryphon du Fils de Sirac/t(c\mp. xxiv) avec des expressions encore plus vives, avaient fait d'avance une place dans l'imagination des Juifs pour les trinités de Plrilon. Dans un autre apocnjphon, la Sagesse de Salomon, la figure est poussée si loin, que la Sagesse parait presque une personne divine ; je crois pourtant qu'elle n'est encore qu'une figure. Ce livre grec et alexandrin est ce qu'il y a de plus voisin de Philon. Les applications que Philon a faites de cette théologie à l'interprétation de la Bible, quoique helléniques et alexandrines, semblent se rattacher à une école d'exégèse biblique qui remontait plus haut et était née dans la Palestine. Philon lui-même n'est pas un disciple direct des sopherim ou docteurs de Jérusalem ; il n'est pas unhébraïsant; tous ses commentaires sur la Bible se rapportent à la version grecque, qu'il suit jusqu'à en être dupe. Mais Philon n'a pas inventé la doctrine qu'il développe: il a eu des maîtres, et si on pouvait suivre la chaîne des enseignements qui l'ont formé, on arriverait à des interprètes qui savaient à la fois le grec et la langue sacrée.

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