Hésiode, ThéocjoniQ, 8S
et qui pouvaient associer la dialectique alexandrine aux subtilités rabbiniques. Celles-ci doivent être pour quelque chose dans les commentaires bizarres par lesquelles Philon explique telle singularité du livre saint qui paraissait embarrassante. Que signifient, par exemple, ces deux noms du dieu des Juifs. Elohim et Iehova, ou (dans les versions et dans Philon) Dieu et le Seigneur? Ce sont les noms propres des deux grandes Vertus ou personnes divines : Dieu est la Bonté ; le Seigneur est la Puissance.
Au chapitre xvni de la Genèse, trois formes humaines se présentent devant Abraham, et c'est la divinité qui se montre en elles : la critique moderne reconnaît dans ce passage un reste d'une mythologie primitive polythéiste. Pour Philon, il voit dans cette triple apparition la manifestai ion d'une de ses trinités divines : « L'un des trois était l'Être lui-même, et à ses côtés étaient les deux premières Vertus, celle qui crée et celle qui gouverne. » Des Pères ont commenté ce passage à peu près comme Philon l.
Le Verbe même de Philon, le Logos, parait avoir des origines rabbiniques en même temps que des origines grecques. Il n'y a rien dans la Bible même qui réponde au Logos hellénique : dabar n'y est jamais pris que dans le sens naturel de parole ; mais on trouve dans les targoum, ou paraphrases chaldaïques de l'Ancien Testament, qui portent les noms d'Onkelos et de Jonathan, le memra de Iehova, dont