‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 139 sur 183 · Rom., I · texte numérisé non relu

Rom., I

LE Jl'DAlSME ALEXANDRIN ET PHILON. 411

(Iules, les douteurs, les railleurs, les esprits forts : il esl le premier, à ma connaissance, qui se moque de celte force prétendue. L'impiété est à ses yeux la source de tous les crimes. Les écoles religieuses de la Grèce l'avaient dit déjà l, mais il reprend les mêmes idées avec bien plus de passion et d'intolérance. Il dit que les blasphèmes des ennemis de Bien consternent les âmes pieuses et « versent en elles par les oreilles le feu dévorant d'une douleur indicible et inconsolable». — Ils ne croient pas aux miracles! c'est qu'ils ne savent ce que c'est que Dieu, pour qui ce n'est qu'un jeu, qu'un miracle. Ils ne croient pas que des esprits célestes conduisent les astres, qui ne sont pour eux que des meules incandescentes ! — « dignes en cela eux-mêmes de la meule qu'on fait tourner aux scélérats dans les cachots».

Un passage de Philon témoigne jusqu'où pouvait aller l'acrimonie de ces querelles entre croyants et incrédules. Rencontrant, dans son commentaire sur la Genèse, les versets où Dieu dit : « Ton nom ne sera plus Abram, mais Âbraam ; » et plus loin : « Tu n'appelleras plus ta femme Sara, mais Sarra 2, » il développe les mystères que contiennent, suivant lui, ces noms changés ; puis il ajoute : « Il y a des hommes haineux, habitués à blâmer ce qui ne mérite aucun blâme, les choses aussi bien que les personnes, et faisanî à tout ce qui est sacré une guerre perfide ; ils

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