Cic, De Fin., III, 22. Diogène, VII
3. M. Robiou, dans sa Thèse sur Y Influence du stoïcisme, 1852, a oublié de suivre cette influence dans Philon et le judaïsme alexan rin.
Il aurait pu la trouver jusque dans un livre que l'Église considère comme livre saint, Vapocryphon intitulé la Sagesse de Salomon. On y voit, par exemple, la formule stoïque des quatre vertus qu'on a appelées depuis cardinales (vm, 7).
La pieuse ardeur du Juste pour la justice se tourne en une pieuse colère contre l'égoïsme insouciant qui n'ose lutter contre le mal, et qui tâche seulement de s'y dérober en le laissant passer sur sa tête. Le mépris et l'aversion que les Stoïques fervents avaient déjà pour l'indifférence des disciples d'Épicure sont bien plus fortement marqués dans Pliilon. Comme il aime dans son dieu la patrie, la liberté, le droit, la vertu, les blasphèmes de l'école d'Épicure lui paraissent s'attaquer à la fois à toutes ces choses saintes. Il ne peut se tenir quand il voit des sectateurs de cette morale, « véritables fléaux répandus à travers les cités, s'ingérant dans tous les intérêts privés et publics pour tout arranger à leur gré, ou plutôt pour tout déranger et tout détruire. » — «C'est une épidémie, dit -il encore, une peste, une calamité surnaturelle, qu'il faudrait conjurer par des prières publiques et des sacrifices. » Ainsi parlaient les Juifs, en attendant les chrétiens ; mais les ennemis des Juifs et des chrétiens, sous l'inspiration d'autres passions religieuses, ne restaient pas en arrière de ces emportements. Épictète n'est pas moins sévère que Philon pour les philosophes sans religion, et les païens fanatiques, avant de célébrer leurs mystères, criaient tout d'une voix : « A la porte, ceux d'Épicure ! » On peut dire que cette secte, qui avait peuplé le monde ancien, et qui semble avoir disparu avec ce monde lui-même, s'est éteinte sous la malédiction commune des dévots de tous les partis l.