‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 145 sur 183 · Commentaire sur la Genèse · texte numérisé non relu

Commentaire sur la Genèse

compte de leurs habitudes d'esprit, qui sont quelquefois si loin des nôtres. Il est évident que bien des idées qui nous étonnent et qui nous arrêtent ne pouvaient étonner des hommes dont la pensée se pliait sans difficulté aux jeux bizarres où se complait limagination de Philon.

La morale de Philon, comme sa théologie, s'inspire à la fois de l'esprit juif et de l'esprit hellénique ; mais ces deux esprits y sont dans un si parfait accord, que nulle part que dans Philon il n'est plus difficile de faire à chacun sa part. Il n'a guère de précepte de charité ou d'austérité qu'il ne puisse également appuyer de l'autorité de la Bible ou de celle des philosophes. Mais il faut remarquer les termes dans lesquels toute sa doctrine morale a été résumée par luimême. « On peut, dit-il", ramener, pour ainsi dire, l'infini détail des leçons et des préceptes à ces deux chefs suprêmes- : les devoirs envers Dieu, religion et sainteté ; et les devoirs envers les hommes, charité et justice. » Cette grande division est toute hellénique l, et quand les auteurs des Évangiles, en la reproduisant sous une autre forme , ont cru la prendre dans la Bible, ils se sont trompés, et ne l'ont prise réellement que chez les Grecs. [Marc, xu, 31, etc.)

Sans que la morale de Philon eût rien de nouveau pour les Grecs, ils devaient reconnaître cependant que sur certains points les mœurs des Juifs donnaient à ses leçons plus d'autorité et plus de force qua celles

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