‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 146 sur 183 · Sénèque, Ep., xc, 3; xcv, 47 et · texte numérisé non relu

Sénèque, Ep., xc, 3; xcv, 47 et

des philosophes. Ceux-ci déjà condaranaienl sévèrement certaines amours, mais Philon n'en parle qu'avec L'irritation (pie ces débauches ont toujours inspirée à Israël, s'indignant du scandale avec lequel ces mœurs s'étalent, et s'écriant qu'un tel attentat contre la nature tend à dépeupler les cités ; c'est parler en digne lils de cette race à laquelle Tacite a accordé ce témoignage, qu'elle a la passion d'engendrer et de multiplier. Tacite leur rend encore cet hommage, qif ils regardent comme une impiété l'infanticide ; et c'est là aussi que Philon triomphe, lorsqu'à ces païens qui méditent sans cesse des meurtres d'enfants, qui tendent comme une embuscade aux nouveau-nés à l'entrée de la vie, ne les recevant que pour les exposer, et faisant ainsi à l'humanité une- guerre sans trêve, il oppose, sinon la lettre, du moins l'esprit de la Loi juive. Il ne trouve pas, en effet, dans la Bible un texte formel qui défende l'exposition des enfants ; et peut-être qu'au temps où la Loi a été écrite, on n'avait pas encore ce scrupule. Il veut que cette défense soit comprise implicitement dans une autre prescription, et rien n'est plus contestable ; mais, quoi qu'il en soit des textes, il est certain que depuis longtemps les mœurs des Juifs (comme celles de l'Egypte *), repoussaient cette barbarie. Je citerai le passage dans toute son étendue ; on hésite cependant à citer ainsi Philon, parce qu'il gâte presque toujours les meilleures choses par la sophistique et l'amplification, défauts trop communs aussi aux Pères de l'Église ; mais le

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