‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 157 sur 183 · L'Hellénisme, t. I, p · texte numérisé non relu

L'Hellénisme, t. I, p

•2. Ibid., t. II, p. 117.

3. Natur. hist., XXX, 1. M. André Lefèvre parait être sous la même impression que le vieux Pline, quand il parle de tant de religions, qui, dit-il, « ont sévi et sévissent encore ^ur l'univers ». Religions et nvjtliologies comparées, 1877. p. 275.

rable et de durable. Aussi est-ce réeliemenl l'idée, c'est-à-dire la philosophie, qui a transformé le monde ancien en un monde nouveau. Si nous ne sommes plus aujourd'hui ce que nous appelons païens, dans le mauvais sens du mot, nous le devons avant tout au travail de la sagesse hellénique. Mais ce qui a précipité la révolution chrétienne, ce sont les souffrances et les ressentiments dos multitudes opprimées, des vaincus, des mécontents, des esclaves. Ceux-là détestaient l'ordre établi ; les haines cherchèrent tout naturellement à s'associer et à s'appuyer les unes sur les autres, et tous se sentirent attirés vers les Juifs, parce que nulle part la résistance n'était mieux soutenue et plus puissante.

C'était en vain que Jérusalem avait été prise d'assaut par Pompée, et que le royaume de Judée était assujetti à l'empire de Rome ; le Temple subsistait inviolé sur son acropole sacrée, résidence d'un dieu qui n'obéissait ni aux rois juifs ni aux Romains; qui n'était sujet de personne, et qui avait lui-même des sujets par toute la terre. Ni le Jupiter du Capitole ni l'aigle des empereurs n'entraient dans ce Temple, tandis que partout ailleurs les dieux avaient été vaincus avec leurs peuples, et avaient dû faire hommage aux vainqueurs. La petitesse même de l'État juif avait favorisé son indépendance. Tandis que l'Egypte, par exemple, ou la Syrie, du moment qu'elles furent conquises par les Macédoniens, furent pleinement en la possession et en la main de leurs maîtres, et ne purent rien réserver contre eux ; la Judée, au contraire,

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