‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 176 sur 183 · Voir aussi plus haut, pages 3G4 et 3G · texte numérisé non relu

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2. M. Robiou a soutenu dans un travail savant, publié par la Revue archéologique, 1875, l'antiquité du livre de Judith, mais sans convaincre les incrédules. Son étude est intitulée : Deux questions de

et d'histoire éclaircies par les annales d'Assurbanipale. — Voir sur Judith le tome V de M. Renan [les Évangiles), 1877, au chapitre n .

que les Juifs n'ont plus de prince, et que le sacrifice a cessé. Pour les additions d'Esther, on peut croire que la manière dont il y est parlé de la paix universelle (les Romains disaient « la paix romaine »), et ce qui est dit ensuite des Juifs, ce peuple qui trouble seul la synarchie (gouvernement en commun) établie parmi les peuples, sont des traits où on reconnaît que la Judée est alors sujette des empereurs '.

La Vulgate officielle place Baruch à la suite de Jérémie, sans pour cela qu'on le fasse entrer en compte dans le nombre des prophètes 2. Ce livre grec n'a été écrit non plus qu'après la ruine de Jérusalem par Titus. C'est cette ruine et celle du Temple qui y sont déplorées, n, 24-26. Les Romains sont cette race insolente à la langue Barbare, iv, 13. C'est à Rome que s'adressent les menaces du prophète, iv, 32. Elle sera détruite à son tour ; elle périra par le feu : c'était l'espoir des Juifs depuis les guerres civiles qui ouvrirent le règne des Flaviens, et où le Capitole fut brûlé. Mais Jérusalem renaîtra, et elle se repeuplera de ses enfants rassemblés de l'Orient, îv, 36 : on croyait qu'ils devaient être ramenés par les Parthes. Le sixième chapitre, qui a un titre à part : Lettre de Jérémie, est un morceau qui pourrait être chrétien aussi bien que juif : il est écrit par un sujet soumis des empereurs, qui ne fait la guerre qu'à l'idolâtrie, et qui la combat en philosophe 3. — Joseph ignore les prophéties de Baruch.

La Sagesse de Salomon (par opposition à celle du Fils de

1. C'est dans les additions grecques à Daniel que se trouve l'histoire de Sosanna ou Susanne. Eustathe, dans son commentaire sur Dionysios ou Denys le périegète (le Guide des voyages) parle d'une tragédie de Snsa?ina dont l'auteur est, à ce qu'il suppose, 6 Aotjjux Txr,v6.;, « l'homme de Damas » (p. 370). On a voulu croire qu'il désigne ainsi Nicolas de Damas, l'écrivain du temps d'Auguste ; mais il s'agit bien plutôt du fameux Jean de Damas, du septième siècle, désigné ordinairement 'par ce nom de Damascène. Il n'y a donc pas de raison de penser que l'histoire de Susanne fût connue du temps d'Auguste : Joseph n'en a pas parlé. — Au contraire Joseph a connu les additions à Esther, et s'en est servi.

2. Baruch est donné comme le secrétaire de Jérémie dans Jérémie, XXXVI, 4.

3 Voir plus haut, page 144.

Siraeh), ou simplement, la Sagesse, est un livre d'un caractère tout particulier, empreint de philosophie hellénique et alexandrine '. On y trouve même un Logos ou Verbe de Dieu (xviu, 15), mais ce n'esl pas tant le Logos de Philon que le metnra des targums, c'est-à-dire la manifestation extérieure de Iehova. On y rencontre aussi le diabolos, dont il n'est jamais parlé, que je sache, dans Philon 2. On y retrouve enfin les rêves des derniers temps: le Seigneur vengeant les siens sur les pécheurs et leur donnant la royauté, tandis qu'il renverse les trimes des puissants, iv, 16-24.

Il y a dans ce livre un ascétisme que la vraie Bible ne connaît pas : heureuse la stérile, heureuse la vierge, heureux l'eunuque, ni, 13. 11 comhat le paganisme dans la Bible ellemême : Ce n'était pas le serpent d'airain qui les guérissait ; c'était toi, mon dieu, xvi, 7.

Le Troisième livre tVEsdras forme une suite aux livres bibliques d'Esdras et de Nchémie. Le verset îv, 4o : « Le Temple que les Iduméens ont brûlé, quand la Judée fut dévastée par les Chaldéens, » peut être dirigé, soit contre l'Iduméen Hérode, soit, contre les Iduméens du temps de- Titus, à qui les Juifs, comme on le voit par Joseph, s'en prenaient volontiers de leurs malheurs.

Le texte grec du Quatrième livre d'Esdras est perdu, et, jusqu'à notre temps, on ne connaissait ce livre que par la Vulgate latine. Mais on en a retrouvé des versions en syriaque, en éthiopien, en arabe et en arménien, et M. Hilgenfeld adonné dans eon Messias Judœorum (Leipzig, 1860) la traduction en latin de ces différentes versions. Elles ont permis de reconnaître l'infidélité de la version latine, qui a altéré le texte pour le rendre chrétien, et qui a môme ajouté à ce texte quatre chapitres, deux au commencement du livre et deux à la fin 3.

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