‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 20 sur 183 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

sidère principalement dans les couvents le silence et la claustration, ils paraissent venir de l'Egypte. Si on est frappé surtout du zèle du moine, actif, remuant, militant, agissant d'autant plus sur le monde qu'il s'est isolé du monde, n'ayant ni bien ni jouissance. « vivant sans famille, pour être le père de toutes les familles, » et travailler au salut de tous ; le Cynique en réunit tous les traits et il en a fourni le modèle1.

Combien de chapitres, dans Y Imitation de Jésus- Christ, où l'auteur travaille également sur les textes des évangiles et sur ceux des philosophes, plus encore quelquefois sur ceux-ci que sur ceux-là !

Je passe à un autre ordre d'idées. On a prétendu souvent qu'une certaine piété tendre, passionnée, amoureuse, avait dû rester inconnue aux religions des anciens, dont les dieux, dit-on, toujours heureux et toujours indifférents, ne pouvaient obtenir des hommes qu'un froid respect. Il y a là encore plus d'une méprise. Il suffit d'entrevoir les démonstrations des cultes deDéméter, de Dionysos et d'Adonis, pour comprendre de quels mouvements les douleurs ou la mort de ces dieux remplissaient les âmes, et pour entendre les cris et les lamentations. Qu'on relise aussi ce que Cicéron nous raconte de ce qu'il a vu à Enna, quand il parcourait la Sicile pour préparer l'accusation de Verres, ce terrible amateur de statues, qui les volait

1. L'Hellénisme, tome II, p. 32. Entretiens d'Épictète, III. '. -J.

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