XXII PRÉFACE
sans en être ému; mais le sang de Jésus-Christ porte dans les cœurs une grâce de componction, une émotion de pénitence. Ceux qui demeurèrent auprès de sa croix et qui lui virent rendre les derniers soupirs s'en retournèrent, dit saint Luc, frappant leur poitrine... Ne soyons pas plus durs que les Juifs; faisons retentir le Calvaire de nos cris et de nos sanglots ; pleurons amèrement nos péchés ; irritons-nous saintement contre nous-mêmes1. » Et tandis qu'il prêchait ainsi du haut de la chaire devant la cour assemblée, Pascal écrivait sur le même thème, dans le silence de sa solitude, des paroles extraordinaires, qu'on a retrouvées il y a trente ans : « Console-toi (c'est Jésus qui lui parle) ; tu ne me chercherais pas, si tu ne m'avais trouvé. Je pensais à toi dans mon agonie ; j'ai versé telles gouttes de sang pour toi... Veux-tu qu'il me coûte toujours du sang de mon humanité : sans que tu donnes des larmes?.. Les médecins ne te guériront pas, car tu mourras à la fin ; mais c'est moi qui guéris, et qui rends le corps immortel. » Mais à ce discours du Sauveur, son cœur s'échappe : « Seigneur, je vous donne tout. » Et Jésus reprend encore : « Je t'aime plus ardemment que tu n'as aimé tes souillures2. » Certes, voilà des choses purement chré-