II Mach., i, 27. — Jacques, i, 1. — l pierre, i, I
qui remontent plus haut, en ce sens qu'ils ont été faits évidemment d'après des monuments plus anciens, aujourd'hui perdus. On reconnaît même que souvent les textes antiques ont été simplement transcrits dans ces livres plus modernes, de sorte qu'ils nous conservent encore vivant le témoignage d'un passé lointain auquel nous n'atteignons pas directement : c'est ainsi qu'on est arrivé à reconnaître que la religion attrihuée à Moyse est, en réalité, bien plus récente, et qu'elle n'existait pas encore, je ne dis pas seulement à l'époque de Moyse, mais même à celle des Rois. La religion de ces anciens temps, que j'appellerai l'israélisme, diffère essentiellement du judaïsme, et doit être d'abord étudiée à part.
Voici les principales différences entre la religion d'avant la Loi et la religion d'après la Loi. Premièrement la Loi ne permet aux fils d'Israël d'adorer qu'un dieu, qu'elle appelle leur dieu, et dont le nom est lehova. Secondement, la Loi défend qu'on adore aucune image ou idole1. Troisièmement, la Loi défend de sacrifier nulle part ailleurs que dans le sanctuaire unique qu'elle ordonne d'élever à lehova.
Or il est certain que, jusqu'à la chute des deux royaumes, Israël adorait librement, à coté de lehova, beaucoup d'autres dieux. Il est certain aussi qu'Israël a longtemps adoré son dieu sous la figure d'un taureau. Il est certain enfin qu'Israël sacrifiait en toutes sortes d'endroits, sur des hauteurs plantées d'arbres : c'est ce que l'Ecriture appelle les Hauts Lieux.