‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 41 sur 183 · Augustin, De civ. Dei, IV · texte numérisé non relu

Augustin, De civ. Dei, IV

2. L'autour du livre Sur la déesse de Syrie dit plus généralement que les plus anciens temples d'Egypte n'avaient pas d'images, et qu'il a vu des temples en Syrie « qui sont à peu près de la même antiquité ».

dos religions. On a justement rapproché le récit sur l'arche du premier livre de Samuel (vi, 8) de ce qui est dit, dans le livre attribué à Sanchoniathon, d'un dieu phénicien « au • naos traîné par des bœufs ». Voir aussi le calathos de Déméter dans Callimaque, la cista d'Isis dans Apulée, etc. l.

Jérusalem s'attachait d'autant plus à son dieu sans figure qu'elle condamnait ainsi le Iehova taureau de Béthel. En général, toute représentation figurée d'un dieu était considérée par les hommes de Juda comme un drapeau étranger ou ennemi, et c'est à ce titre qu'ils la poursuivaient. Ils avaient la haine des images rivales plutôt que l'horreur générale de l'idolâtrie -.

Quelque circonspection que la critique doive mettre dans l'interprétation de ces vieux textes, elle ne saurait trop appuyer sur le caractère particulier que la première des Dix Paroles donne tout d'abord au livre sacré des Juifs. Si ces versets n'enseignent pas le monothéisme des philosophes, la croyance à un dieu unique, ils ordonnent de la manière la plus solennelle l'adoration d'un seul dieu. Or, pour la foule, le chemin est court de l'unique adoration à l'unique croyance. Tôt ou tard, la Loi ne pouvait manquer

1. Sanchoniathon, p. 20 d*Ôrclli. — Renan, Mission de Phénicie, p. 215. — Callimaque, Hymne à Déméter. — Apulée, Metamorph. XI, 11 : Ferebatur ab alio cista secretorum capax, penitus cela?is operta magnifiées reliyionis.

2. Idolâtrie, pour idololatrie, qui est la vraie forme grecque : culte des images. Ce mot se trouve pour la première fois dans Paul, I Cor. x, 7.

d'être obéie, et, quand elle le fut tout à fait et qu'Israël ne rendit de culte qu'à un seul dieu, il devait nécessairement arriver qu'il ne crût guère aussi qu'à un seul dieu. Ce dieu était sans-femme, sans enfants, sans histoire : on est bien loin avec lui de cette mythologie de la Grèce, où les amours, comme dit le poëte, étaient si pressés, ainsi que toute espèce d'aventures l. Il n'y avait non plus rien en lui, bien entendu, de ce que nous appelons une Trinité. Si le dieu des Juifs avait été trois, il n'aurait pas frappé comme il l'a fait l'imagination des autres peuples ; il était véritablement unique. Et, n'ayant pas même de figure, il ne donnait pas de prise sur lui ; rien ne l'empêchait de se confondre avec l'idée abstraite d'un dieu commun de tous les hommes et de tous les peuples. Du jour où, n'ayant pas chez soi d'image divine, et ayant proscrit celles des étrangers, Israël n'eut plus affaire qu'à un dieu invisible, il fut bien fort contre les dieux visibles des autres peuples. On peut dire que les quelques versets qui étaient censés sortis du Sinaï de la bouche de Iehova lui-même, ébranlèrent, dès qu'ils furent entendus du monde, tous ces dieux de métal, de pierre et de bois dont la terre entière était couverte 2. Il faut ajouter que, si Iehova est le dieu particulier et exclusif d'Israël, cela établit entre lui et son peuple des sentiments d'une vivacité et d'une énergie

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