Aquc chao densos divum numerabat amores
Georg., IV, 346.
2. Remarquez qu'au temps où les Juifs furent on rapport avec les peuples helléniques, l'arche elle-même n'existait plus, comme on le verra plus tard.
singulières. L'Exode lui fait dire (iv, 22) : « Israël est mon fils, mon aîné. » Et ailleurs : Pour vous tirer de l'Egypte, «je vous ai emportés comme sur les ailes de l'aigle et je vous ai pris avec moi. Et maintenant, si \ous écoutez bien ma voix et si vous observez mon pacte, vous serez, entre tous les peuples, mon trésor, car cette terre est toute à moi; vous serez devant moi un peuple de prêtres et une race consacrée (xix, 4). » — On sent là une ardeur et déjà une tendresse religieuse dont le développement nous frappera plus tard. Et il n'est pas étonnant, quand l'humanité a cherché à se réunir, un certain jour, dans une même foi et dans l'adoration d'un seul dieu, qu'elle se soit adressée aux Juifs pour être conduite à ce dieu et initiée à ses oracles.
Le troisième commandement défend de profaner le nom de Iehova par le parjure.
Le quatrième est celui qui ordonne d'observer le sabbat, c'est-à-dire le repos du septième jour. L'observation du sabbat était par excellence le signe extérieur du judaïsme, aussi était-elle prescrite dans la Loi sous peine de mort (xxxi, 14). Elle est fondée, dans les Dix Paroles, sur ce que, « Iehova se reposa après avoir créé pendant six jours ». Il est clair néanmoins que la coutume n'est pas née du mythe, mais le mythe de la coutume. On n'a imaginé que le dieu eût cessé d'agir le septième jour, que parce que le septième jour les hommes n'agissaient pas. Cela suppose d'abord la division du temps en « septaines » ou semaines de jours, division inconnue à l'antiquité III. 6
classique, et dont l'origine astronomique est restée longtemps obscure : il paraît maintenant établi qu'elle vient encore de Babylone. Cela suppose aussi que le dernier des sept jours était sacré, ce qui semble venir aussi de Babylone, d'après une découverte récente l.
Mais, dans un autre endroit de YExode (xxin, 12), un autre motif est donné : « Tu te reposeras au septième jour, afin que ton esclave se repose, avec ton bœuf et ton âne. » Là se montre un sentiment qui a fait sans doute la fortune de cette prescription de la Loi. Aujourd'hui plus que jamais, qui ne voudrait trouver le moyen de faire que ceux qui portent constamment le poids du travail, quelquefois au point d'en être accablés, puissent une fois la semaine respirer et se sentir libres? Si nous ne voulons plus d'un sabbat réglé et imposé à jour fixe, c'est d'abord et avant tout parce que, la vie ne pouvant jamais être suspendue, il est clair que tous les hommes ne sauraient en aucun cas prendre leur repos en même temps. C'est aussi parce que, le travailleur libre ne pouvant compter que sur lui-même, il faudrait, afin de le dispenser
1. Voir A. II. Sayco, clans the Academi/, 187.'». II. p. 554. M. Sayce renvoie aux travaux de M. Oppert et de M- Schrader.
Dion Cassius croyait la semaine! d'origine égyptienne, XXXVII,
M. Alfred Maury, dans une note de 1850 (Mémoires de VAcadémie des sciences, t. XII), avait fait voir que L'existence de la semaine n'était bien constatée alors que chez les Juifs; mais il ajoutait sagement : « Nous manquons de données à L'égard des Phéniciens et des Assyriens. »
M. Sayce dit que le mot sabbat est Lui-même chaldéen.
du travail un jour, avoir pour ce jour assuré sa vie ; tandis que dans le monde antique, où le travailleur était l'esclave, chaque jour de repos était nécessairement un bienfait, puisque ce jour-là il était nourri sans travail. Les Grecs, si humains, ne méconnaissaient pas sur ce point les devoirs du maître, et leurs sages recommandaient de célébrer fidèlement toutes les fêtes, dans l'intérêt des esclaves, qui ont besoin de ce repos l. Mais ces préceptes n'avaient pas toute l'autorité d'une loi, et de plus des fêtes distribuées inégalement à travers l'année ne valaient pas sans doute ce jour assuré tous les sept jours. Aussi, de toutes les prescriptions judaïques, aucune ne s'est imposée plus aisément aux Gentils et n'a été plus vite et plus généralement populaire, et enfin le repos sabbatique est devenu la loi commune des trois grandes religions « du Livre », comme on les appelle, le judaïsme, le christianisme et l'islamisme.
Le reste des Dix Paroles est de pure morale ; elles n'expriment que les instincts communs de la nature humaine; mais elles semblent les rendre plus saints par l'autorité de la voix divine. On a remarqué la naïveté de ce trait : « Honore ton père et ta mère, afin de vivre longtemps sur la terre que Iehova te donne. » On lit dans le livre égyptien de Ptahhotep 2 : « Le fils qui reçoit la parole de son père deviendra vieux à cause de cela. » J'arrive maintenant à l'ensemble de la Loi, qui est beaucoup plus étendue que
1. Économiques de Théophraste, attribuées à Aristote, chap. v.