‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 47 sur 183 · III · texte numérisé non relu

III

Le Léoitique contient la loi terrible contre celui qui aura « blasphémé le nom » (le nom sacré de Iehova), xxiv, 10. Le peuple s'assemblera; chacun mettra la main sur la tète du coupable, et il sera tué à coups de pierres. Ce n'est pas précisément là ce que nous appelons intolérance religieuse ; c'est plutôt fanatisme patriotique. « Blasphémer le nom », c'&st maudire Israël et sa Loi ; c'est renier les siens et déserter à l'étranger. Cela est si vrai que le récit, qui suppose cette loi donnée à propos d'un cas particulier, n'imagine même pas que le coupable ait pu être un fils d'Israël : c'est un Égyptien, né seulement d'une femme israélite.

C'est dans le Léoitique (xvm, 27), que se trouve l'institution de la fête de l'expiation ou du Kippour, placée au milieu de l'année, au dixième jour du septième mois, et qui est restée si considérable parmi les Juifs.

Outre les lois sur le culte, le Léoitique contient aussi d'autres prescriptions. Il règle particulièrement ce qui regarde les rapports sexuels : sur ce sujet VExode ne contient que la condamnation de l'adultère dans les Dix Paroles. Le Léoitique promulgue des règles sévères, austères même : le zèle des Juifs pour l'accroissement de la population leur a fait tout d'abord condamner les plaisirs qui portent le désordre dans la famille ou ceux qui vont contre les fins de la nature. La Loi prononce la mort contre ces impuretés, et, ce qui a été sans doute plus efficace que les menaces les plus terribles, elles sont signalées comme l'opprobre

des peuples qui occupaient avant Israël la terre (pie Iehova lui a donnée (xvm, 27). C'est le titre des Juifs entre les nations, que d'être restés purs de ces souillures l.

Il ne faut pas croire cependant, d'après Philon, que la Loi ait interdit sous peine de mort la prostitution dans Israël ; il la vante à tort d'une sévérité qui n'a été possible en aucun temps et chez aucun peuple. Le verset qu'il interprète ainsi (et qui ne prononce pas la mort), ne condamnait que la pratique des prostitutions religieuses consacrées par certains cultes. Mais l'illusion même que Philon s'est faite témoigne que, sous l'influence des saints livres, l'esprit public en Israël ne prenait légèrement aucune immoralité, et qu'il était loin des Grecs, de leurs mœurs faciles, de leur foi au plaisir et des exemples de leurs dieux 2.

Le Lévitique a aussi des enseignements de charité : Iehova y ordonne de laisser le pauvre glaner après la moisson et grapiller après la vendange (xix, 10). Il prescrit de ne pas remettre au lendemain le salaire de l'ouvrier (ibid, 13). Il condamne celui qui injurie le sourd, celui qui fait achopper l'aveugle (ibid. 14). Enfin c'est là que se trouve une parole fameuse (18) : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » On s'est exagéré cependant la portée de ce verset, parce qu'on l'a pris, non tel qu'il est dans le texte, mais tel que le Nouveau Testament le donne : « Toute la Loi, dit

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