Lévit., xix, 29 (et Deutèr., xxm
Paul, est accomplie en une seule parole ; c'est celle-ci : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même1 ». Dans l'Évangile [Marc, xn, 30, etc), la Loi est ramenée, non plus à une seule parole, mais à deux : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur... Tu aimeras ton prochain comme toi-même ; — deux textes qui dans l'Ancien Testament ne sont nullement rapprochés ainsi. Le premier n'est nulle part dans les Quatre livres, mais seulement dans le Deutéronome (vi, 4) ; le second est bien dans le Lévitique, mais il ne s Y détache pas d'une manière particulière ;il y est jeté en passant, et comme perdu dans la foule des préceptes. De plus, le prochain, c'est seulement l'Israélite ; la phrase complète est celle-ci : « Tu n'useras point de vengeance et tu ne garderas point de rancune envers les enfants de ton peuple, mais tu aimeras ton prochain comme toi-même (xix, 18). » Et cette formule, « comme toi-même », n'a pas toute l'énergie qu'on veut quelquefois lui prêter ; elle signifie simplement : tu ne le traiteras pas en ennemi ; son droit sera respecté comme le tien. Mais le Discours sur la montagne est souverainement injuste envers la Loi, quand il l'accuse d'avoir dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. » Non-seulement ces dernières paroles ne sont nulle part dans le texte de la Loi, mais elles ne sont pas non plus dans son esprit. La Loi n'inspirait de haine que contre l'ennemi public, contre l'étranger qui faisait la guerre à Is-