Tacite, Hist., v
Ut LE CHRISTIANISME ET SES ORIGINE.-.
moins de quinze ans après, l'homme qui avait profané le Temple, Pompée le Grand, était vaincu à Pharsale et tué en Egypte ; qu'une révolution inouïe bouleversait la République romaine, et que cet empire de Rome, au plus haut de sa grandeur, sembla près de se détruire lui-même par les guerres civiles ! Ils se remirent alors à espérer un avenir meilleur, une péripétie qui leur rendrait ce qu'ils avaient perdu, qui ferait même pour eux plus encore. S'il fallait pour cela un miracle, n'était-ce pas déjà un miracle que ce qui venait d'étonner le monde ? « Le bras de leur dieu n'était pas raccourci (/s., lix. 1) » ; ils se dirent que ce dieu trouverait bien le moyen de les sauver ; qu'une fois encore il leur susciterait un libérateur, et que celui-là établirait définitivement et pour jamais leur indépendance et leur grandeur. Ce libérateur, ce chef attendu, ils l'appelèrent l'Oint par excellence, à cause de l'onction qui consacrait leurs grands prêtres et leurs rois.
La république juive établie par Pompée subsista une vingtaine d'années, à travers bien des troubles et des combats, suscités par les ambitions rivales des Asmonées. Mais pendant ce temps un personnage qui n'était pas de race royale s'était fait une situation considérable parmi les Juifs et près des Romains.
C'était un homme de l'Idumée, des plus riches de son pays; il portait le nom grec d'Antipatre. Il s'était mis du coté de l'aîné des deux frères; il l'aurait rétabli, en lui achetant l'alliance d'un roi arabe, si les Romains ne s'en étaient mêlés. Puis ceux-ci s'étant
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tournés de l'autre côté, Antipatre se mit au service dos Romains; il leur assura en Egypte, lors de lVxpédilion de Gabinius, le concours de tous les Juifs qui y étaient établis : en revanche, il eut l'appui de Rome contre tous ses adversaires. Après la mort de Pompée, il passa sur-le-champ du côté de César, et l'assista dans la guerre d'Alexandrie de la manière la plus efficace. César le fit citoyen romain, puis procurateur pour la Judée (en tant que pays tributaire de Rome), et sous ce nom il eut réellement l'autorité d'un roi des Juifs. On lui permit môme de relever les murailles de Jérusalem, que Pompée avait abattues. Quand César fut assassiné, il conserva son crédit auprès de Cassius, qui occupait la Syrie. Cependant il avait des ennemis, qui réussirent, suivant le récit de Joseph, à l'empoisonner ; mais il laissait des fils, et l'un de ces fils était Hérode.
Les fils d'Antipatre gouvernaient comme leur père sous le nom du prince Asmonée, lorsqu'une révolution nouvelle éclata. Le prétendant vaincu était mort, ainsi que son fils aîné ; mais il avait laissé un autre fils, Mathathias, de son nom grecAntigone : celui-ci acheta le secours des Parthes, et avec eux il se rendit maître de Jérusalem. 11 fit couper les oreilles à son oncle le grand prêtre, ce qui le rendait à jamais incapable de cette dignité 1 ; il le laissa d'ailleurs entre les mains des Parthes. Le frère aîné d'Hérode fut tué ou se tua lui-même ; Antigone fut roi et grand prêtre, mais Hérode avait échappé.