Joseph, Antiquités, XVIII, v
partout ailleurs que parmi ces princes que le vrai peuple juif devait chercher celui dont on avait besoin et qu'appelaient tous les vœux '.
Cependant, dix ans après la mort d'Hérode, son fils Archélaos fut dépouillé delà principauté qu'on lui avait d'abord laissée sans le titre de roi, et qu'il avait traînée tristement à travées une véritable anarchie. La Judée fut réunie à la province romaine. C'est à cette date, où déjà Jésus de Nazareth était né, que j'arrêterai ce résumé historique.
L'histoire des Juifs est aride, comme toutes les histoires mal connues, où on n'entre pas par des récits détaillés et contemporains. Un Juif de la Cyrénaïque, qui portait le nom grec de Jason, avait raconté en cinq livres la guerre de l'indépendance ; mais ces livres sont perdus, et nous n'avons plus aujourd'hui, soit dans le Premier, soit dans le Seco?id livide desMachabées, soit dans Joseph, que des abrégés écrits loin des événements. Les historiens profanes se sont peu intéressés à ces choses, et cela est tout, simple : ce qui étonne davantage, c'est que les livres où se conservent les traditions religieuses des Juifs, « les Thalmuds et les Midraschim », aient à peu près passé sous silence les hommes de cette grande époque. On y trouve deux fois le nom de Mathathias, mais « aucun
1. Est-il vrai que ces Hérodiens aient célébré à Rome, au temps de Perse, la fête d'Hérode, Herodis venere (lies (V, 180)? M. Derenbourg ne le pense pas (p. 1G5). M. Renan identifie les Hérodiens avec les Bocthusiin du Talmud, c'est-à-dire un parti formé autour d'une famille sacerdotale qui devait sa grandeur aux Hérodes (Vie de Jésus, 18G7, p. 226, note 2).
des cinq fils de Mathalhias, pas même Judas, n'est nommé par les rabbins l ». Ils sont tellement dévots et théologiens qu'ils n'enregistrent que des décisions de docteurs, des traits de piété ou des prodiges ; mais des capitaines et des politiques, mais des princes à demi hellénisés leur sont indifférents, sinon suspects. Cependant ces personnages, qui ne font que passer devant nous, nous touchent fortement : d'abord ce vieillard, qui donne avec ses fils le signal de la révolte, puis ce Judas le Marteau, dont on n'a pas fait un saint, mais qui demeure un héros. Nous saluons avec respect Simon, le premier chef indépendant des Juifs, et son fils Hyrcan, dont le glorieux règne faisait revivre aux yeux des siens celui de David. Nous sommes émus au spectacle du Temple affranchi et purifié, de la nation redevenue maîtresse d'elle-même. C'est comme un miracle, de voir se lever ce peuple obscur et inaperçu, qui détruit si brusquement le prestige des héritiers de Nabuchodonosor, de Cyrus et d'Alexandre. On était tout à l'heure en plein Orient ; on ne voyait que des multitudes prosternées devant des rois qui régnent comme des dieux, forts de leurs trésors et de leurs armées ; mais voici une force nouvelle, celle de l'âme et de la foi, et par cette force tout est changé, et le royaume de Syrie ne se trouve pas moins impuissant contre les Juifs qu'en face de la terrible grandeur romaine.
Il y a une pensée qui frappe un esprit critique,