Derenbourg, p. 58. M. Derenbourg écrit Matathias
quand il \ient d'assister à de telles scènes, c'est qu'il ne semble guère possible qu'elles n'aient pas agi sur les imaginations de manière à enfanter une littérature. L'esprit juif, encore si jeune, et nullement usé par le travail de la réflexion, semble n'avoir pu passer par de telles émotions et de tels événements sans avoir besoin de s'épancher. Cependant, si on s'en rapporte à la tradition, toute la littérature sacrée des Juifs est antérieure à cette époque. Il y a donc lieu de se défier de la tradition, et de se demander d'avance si tel livre, plein de mouvement et de passion, qu'on fait remonter aux anciens âges, ne daterait pas plutôt de cette grande crise, et ne serait pas né des luttes ou des triomphes des Asmonées ; et même si le long règne d'IIérode, prospère et brillant, qui a tout pacifié en Judée, n'a pas dû produire à son tour une littérature moins originale, mais intéressante encore. Je prie qu'on ne perde pas de vue ces idées, en lisant les chapitres sur le Drutéronome et les Prophètes. On verra d'ailleurs que dans ces livres, réputés si antiques, il se trouve des passages qu'on est bien tenté d'expliquer en les rapportant à des événements ou à des situations très-récentes. Je devais donc mettre dès à présent sous les yeux des lecteurs toute l'histoire des Juifs; on en sera mieux préparé pour étudier la suite de la Bible, et d'abord le Deutéronome.