‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 77 sur 183 · Hémistiche à'Athalie (II · texte numérisé non relu

Hémistiche à'Athalie (II

dra et il ne la sentira point, et sa feuille restera verte; il ne souffrira point au temps de la sécheresse, et il donnera des fruits. » Et plus loin : « Les voilà qui me disent: Où est la parole de Iehova? qu'elle s'accomplisse donc! » Et il supplie son dieu de ne pas tromper son espérance : « Que ceux qui me persécutent soient confondus, et non pas moi ! Qu'ils soient consternés, et non pas moi ! Amène sur eux le jour du malheur; frappe-les et frappe-les encore. » — Les oppresseurs d'alors ont passé, mais l'oppression est revenue et s'est perpétuée, et ces cris passionnés se sontperpétués avec elle. Tout cela s'est répété depuis contre les Romains , et enfin les opprimés de toutes les sortes et de tous les temps, les persécutés surtout, qui souffraient pour leur dieu et pour leur foi, Juifs, chrétiens, protestants, jansénistes, victimes de toutes les orthodoxies intolérantes, ont trouvé dans ces ardentes invocations une consolation et une force l.

C'est sous le coup de ces douleurs qu'il a trouvé ces accents de tristesse qui le caractérisent entre les prophètes : « Maudit soit le jour où je suis né... et celui qui porta la nouvelle à mon père, disant : Il t'est né un fils ! 2 » — « Que mes yeux ne sont-ils une fontaine de larmes pour pleurer jour et nuit les morts delà fille de mon peuple (ix, 1, c'est-à-dire

1. Quand l'Apocalypse représente Babylone, la grande prostituée (c'est-à-dire Rome), tenant en sa main une coupe d'or pleine d'infamies (xvn, 4), c'est à Jérémie qu'elle a emprunté cette image. Là, Babel est elle-même la coupe d'or où toutes les nations puisent l'ivresse qui les tue (li, 7, et xxv, 15).

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