Voir à la fin du volume la Note sur les renvois à Philon
leurs amis, et s'estiment plus magnifiquement établis sur cette plage qu'à un banquet dressé dans le palais des rois. »
Plus tard au contraire, quand du judaïsme hellénisé fut sorti le christianisme, ceux qui étaient restés Juifs maudirent un travail qui avait abouti à ce résultat odieux ; de sorte que le jour où la tradition disait que cette œuvre avait été accomplie devint pour eux un jour de deuil *.
La traduction de la Loi en grec est très-probableblement la première traduction qui ait été faite d'un livre quelconque. Aucun peuple chez les anciens, pas même les Grecs, n'était assez curieux de pénétrer dans la pensée des autres peuples, pour aller jusqu'à étudier patiemment une langue barbare et jusqu'à traduire mot à mot des livres où tout lui était étrange. Aussi ce ne sont pas les Hellènes qui ont eu l"idée de mettre en grec la Bible hébraïque, mais les Juifs, qui l'ont fait par zèle religieux; et ce qui paraît plus étonnant encore aujourd'hui, c'est que les Hellènes, même après que cette traduction a été faite, ne l'ont pas lue ; car ni les Gentils ne se souciaient de la lire, ni les Juifs ne voulaient la laisser voir à des Gentils. Elle n'était à l'usage que des judaïsants, et n'existait pas pour les autres 2.
1. Sinaï et Golgothu, par Maurice Hess, d'après H. Gr.etz, 180" (page 85).
2. Je pense que c'est une pure illusion de croire que les Grecs, « dans tout l'Orient », aient formé, comme on l'a dit. « de grands ateliers de traduction », pour s'approprier la science orientale. On ne peut appuyer cette assertion que sur un témoignage sans autorité.