‹ Le christianisme et ses originesChapitre 12 sur 48 · Japiter iafamat seque suamqae domum · texte numérisé non relu

Japiter iafamat seque suamqae domum

3. Quoram carminibas nihil estnisi fabula cœlam; Terraque composait coslum^ quœ pendet ab iiloi

assez qu'on s'apprête à relourner en arrière. Après tout, le grand nombre croit autant que jamais, et les esprits>plus avancés qui croient ne plus croire sont trèsmal assurés dans leur critique. Il n'y a guère que la mythologie qui soit véritablement décréditée, et j'en ai donné les raisons. Cela est grave pour la religion établie, et la menace, mais cela n'atteint pas jusqu'aux racines d'où une autre religion peut sortir.

Le siècle d'Auguste est donc un siècle dévot. On apprend en même temps l'obéissance aux maîtres de la terre et la soumission aux puissances du ciel ; Thumanité a perdu toute foi en elle-même et se jette aux pieds des dieux. Auguste, en rétablissant l'ordre, rétablit aussi la religion. Il attacha pour toujours au titre de prince celui de souverain pontife et le gouvernement des choses saintes ^ Il était membre en outre de cinq collèges sacerdotaux. Il relevâtes édifices sacrés tombés en ruines^. Il rétablit les fêtes oubliées et en institua de nouvelles; il grossit par des présents magnifiques le trésor des dieux ; il augmenta le nombre des prêtres, et ajouta à leur dignité comme à leurs avantages; il affecta

i. « Les fcu\ ûlerncis sont sous la garde de César, divinité éterneUelà résident à la fois les deux garanties de notre empire. »

IgnibDS œternis œlerni numina prsesunt Gaesaris ; imperii pignora jnncta vides.

2. C'est ce qu'Horace célèbre dans Vode : Delieta majorum ; et Ovide s'écrie : c Saint fondateur, saint restaurateur des temples 1 <

Templomm positor, templorum sancte repostor.

Auguste se vante, dans l'Inscription d'Ancyre, d'avoir bâti dix -neuf temples, qu'il énumèrc, et d'en avoir réparé quatre-vingt-deux.

le regret de n'avoir pas dans sa famille une fille d*un âge convenable pour la consacrer comme Vestale. Aussi fut-il ordonné que désormais les prêtres et les prêtresses, aux prières qu'ils adressaient aux dieux pour le sénat et pour le peuple, ajouteraient des prières pour l'empereur. L'Église a trouvé cette règle établie. Il fut déclaré sacrosanetus\ son nom fut placé dans le chant des prêtres Saliens. Dion a très-bien exprimé, dans le discours qu'il fait tenir à Agrippa au conseil d'Auguste, l'esprit du gouvernement des Césars dans les choses religieuses : c Ta ne souffriras ni athéisme ni magie », c'est-à-dire ni irréligion, ni religion secrète et indisciplinée; c*est le principe des Concordats. César déjà avait régné suivant cet esprit, qui est celui de quiconque veut assujettir les peuples. Il est curieux de voir dans ses Mémoires comme il invoque la Providence, ou comme il se vante d'avoir protégé à deux fois le temple de la grande Artémis d'Éphèse. Hais César n'eut pas le loisir, comme Auguste, de commander à l'opinion de son temps.

A côté de César, Lucrèce composait son poëme; Cicéron préparait ses deux Dialogues sur les Dieux et sur la Divination, dont Fun était franchement impie, et l'autre, avec plus de ménagements, ne Tétait guère moins. Sous Auguste, on sent que de telles hardiesses n'étaient plus possibles. Virgile, je l'ai dit, admire Lucrèce et il Tenvie ; mais il se refuse respectueusement à tant oser. Horace n'était pas dévot dans sa jeunesse : < adorateur peu assidu et peu prodigue > ,

Pareils ddornm cnltor et infreqaeni.

LA RELIGION AU TEMPS D'AtGtJSTE iVt

Dans une pièce de ce temps, écrite avant que tout fût bien rassis dans l'empire, il avait professé, au sujet de préfendues manifestations des dieux, rîncrédnlité d'Épicure : il n'y revint pas, et ne toucha plus à la religion que pour l'honorer. Ovide lui-même, en plein Art d* Aimer, enseigne à se soumettre à la foi et désavoue à son four l'incrédulité d'Épîcure : « II est bon qu'il y ait des dieux, et, puisque cela est bon, nous devons le croire et porter sur les autels antiques le vin et Tencens. Non, ils ne s'abandonnent pas à un repos indolent et tout semblable au sommeil; vivez bien, la divinité est là présente *. » On ne peut se dissimuler que toute la brillante poésie de ce règne est aussi religieuse que monarchique. Les poètes erotiques ne sont pas les moins dévots; Tibulle se plaît k étaler comme autant de titres à la faveur des dieux totïs les devoirs qu'il leur rend sans cesse, et, quand son imagination se représente le bonheur de vivre aux champs avec Délie, il ne manque pas de l'associer en idée à ces démonstrations de sa piété *; toutes ses élégies sont pleines de prières, de sacrifices, d'expiations, et ces choses se retrouvent dans Properce. Tout un poëme d'Ovide, les Fastes, est consacré à célébrer les croyances et les pratiques de la religion romaine, et, de temps en temps, il mêle à ses descriptions ses prières. Une partie considérable des

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