‹ Le christianisme et ses originesChapitre 19 sur 48 · Traduction de Bossnet : PolUique tirée de t Écriture · texte numérisé non relu

Traduction de Bossnet : PolUique tirée de t Écriture

les empires ; celui qai cammuniijiue sa puissance aux princes et qui leur commande d'en user, comme il fait lui-^me^ pour le bien du monde; celui qui leur fait DotV, en la retir antique toute leur majesté estempruntée^ et que, pour être assis sur le trône, ils n*en sont pas moins sous sa main et sow son autorité suprême :

Regnm timendonim in proprios gregcs, Reges in ipsos imperium est JoyIs *,

L'attentat à la vie céleste des Césars était un sacrilégo : il attirait sur les meurtriers, qu'on appelait des parricides, toutes les vengeances d'en haut. Eh bien ! les mêmes anathèmes, dans le monde chrétien, ont pesé sur la tête des régicides.

Descendons maintenant de la majesté de la religion publique à ces habitudes de la vie privée où se marque encore mieux la sincérité des croyances et l'empire qu'elles exercent sur Thomme tout entier. La littérature de cette époque nous éclaire très-bien à ce sujet» parce qu'elle se compose surtout des œuvres des poètes. Les historiens ne nous donnent que les faits nouveaux ; les philosophes (j'entends ceux qui comptent), les idées nouvelles ; les poètes disent la vie tout entière, le fond de la vie et non pas seulement les accidents.

La religion entre alors aussi avant que jamais elle l'a pu faire dans toutes les joies, dans toutes les douleurs, dans toutes les occupations des hommes. Le mariage a ses divinités protectrices, di conjugales. La

1. « La puissance des rois est redoutable aax troapeanx qu'ils mè* nent, et aux rois celle de Jupiter. »

mort a ses officeê de toute espèce : funérailles, anniversaires, culte des morts aimés, culte de tous les morts* Il y a plus d'une cérémonie funèbre dans le poëme de Virgile ; et voici le discours qu'Énéè tient à ses compagnons, en se retrouvant sur cette terre de Sicile où est mort son père : c L'année dans son cours a parcouru le cercle entier des mois, depuis que nous avons confié à la terre la cendre du divin Ânchise et que nous avons dressé pour lui les autels des morts. Voici le jour, oui, c'est bien le jour qui sera à jamais pour moi un jour de deuil, et aussi de solennels hommages, puisqu*amsi l'ont voulu les dieux. Quand je serais exilé parmi les sables de Gétulie, ou surpris dans les mers de la Grèce, dans les murs mêmes de Mycènes, je n'en renouvellerais pas moins tous les ans les mêmes vœux, conduisant en son honneur la pompe funèbre, et chargeant les autels des offrandes voulues. » Ce sont déjà les services des morts et les fondations perpétuelfes. Une fondation d'une autre espèce est celle que plusieurs pères de famille firent par testament sous Auguste, ordonnant que leurs héritiers feraient conduire au Capitole des victimes avec une inscription portant que c'était Taccomplïssement d'un vœu qu'ils avaient fait, pour le cas où Tempereur leur survivrait.

Ovide nous fait voir cher Dîdon, veuve, une chapelle consacrée à Sîchée :

Est mihii mannona.M6ratas ia. «hIo Sfehœus.

Et dans son poëme des Fastes, il décrit les Feralia, c'est-à-dire notre Fête deslforts^ (tomladate swiemeAt

a été changée ; elle se célébrait alors à la fin de février, €*est-à-dire à la fin de Tancienne année romaine, dont on donnait ainsi aux morts les derniers jours.

Voici, dans Ovide encore, une autre sorte d'anniversaire. Écrivant de Texil le jour même de sa naissance, il dit qu*il n'a pas le courage d'en faire la fête, de s'habiller de blanc, de faire fumer Tautel ceint de fleurs, <l'y brûler l'encens, et d'y offrir les gâteaux sacrés avec des prières.

Quelquefois, en élevant une statue et une chapelle à un dieu , on instituait aussi des espèces d'offices que des chœurs chantants y célébraient à des heures réglées. Des sacrifices et des chœurs dans les grandes occasions, <ies libations au moins et de l'encens dans les petites : les dieux ont lear part dans tout. On sacrifie quand on s'embarque, et on jette dans la mer les entrailles des victimes. Les navires ont des dieux pour patrons ; plus tard, ce seront des. saints. En débarquaat, on fait des dévotions aux divinités particulières du lieu qu'on aborde* On sacrifie pour le retour d'un ami :

Pkseittir in yestram reditnm votira javenca i.

Sacrifier, sans doute, peut se traduire, si l'on veut , ea ces termes, qu'on donne un repas en son honneur ; mais tout repas de fête est sacré ; les dieux y interviennent, -et les prêtres • On sacrifie à Vénus quand op eai amaOH* reBx:

liàctat&vimtet lènior hostia*. ,«^

1. « Je nourrie «ne génisse, vonée anx dîenx pour votre retour.»

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