SON ACCORD AVEC NOS TENDANCES
ment devenir plus intime, que la ressemblance de la créature et du Créateur doit croître à l'infini 13.
Que nous parle-t-on d'un nouveau christianisme, d'une nouvelle religion venant prendre une place vide ? Elle ne trouverait rien à féconder. Loin que la place puisse être vide, elle est prise. Tl est évident qu'une religion qui épuise ainsi les tendances en les occupant est la religion définitive de l'humanité.
Le christianisme s'est emparé de l'homme tout entier, et n'en a rien laissé aux systèmes prétendus religieux qui tenteraient de le détrôner l4.
Un dernier caractère également subjectif et intime, et qui se rattache au précédent, achève de démontrer la perpétuité du christianisme : il ne pourrait épuiser et satisfaire les tendances, s'il ne convenait également aux deux sexes. Aucune religion fausse n'a tenté même de résoudre le problème; aucune n'a tenté délaisser ou de remettre l'homme à sa place et la femme à la sienne, et néanmoins de fonder un autel où tous deux pourraient s'agenouiller sans différence d'adorations, et d'entr'ouvrir un ciel où tous deux pourraient aspirer par une commune espérance et entrer du même pas. La loi de Moïse même avait son parvis des hommes, plus sacré et plus voisin du sanctuaire que celui des femmes, parce qu'elle avait introduit entre les sexes une nuance de sainteté. Le christianisme seul les reçoit au même titre dans une même église, et les conduit vers la même immortalité15.