II. — Affranchissement de la Hiérarchie Cléricale
Le second affranchissement dont le christianisme se saisira tient intimement au premier ; c'est celui de la hiérar^chie ou, pour mieux dire, de l'esprit hiérarchique et clérical.
Le christianisme a commencé sans prêtres. Il avait bien mieux qu'un clergé, il avait à sa tête des fondateurs inspirés pour établir l'Église par la révélation traditionnelle ou pour la maintenir par la révélation écrite et la mettre ainsi en état de se passer désormais de l'inspiration.
On sait que les apôtres n'ont pas été les seuls inspirés du moment; leurs disciples immédiats l'ont été aussi : les Marc avec les saint Pierre, les Timothée avec les saint Paul.
Mais que dès l'origine du christianisme, dès le siècle apostolique, dès le lendemain de la fondation divine de l'Église, il existât un clergé proprement dit, un corps ecclésiastique établi sur la base d'une hiérarchie et se recrutant lui-même sous certaines conditions extérieures, tous les monuments historiques attestent positivement le contraire.
Ainsi, pour ne citer qu'un trait, l'administration de l'eucharistie, considérée plus tard dans l'Église comme le droit du clergé seul, de telle sorte que la prétention de la part des laïques de célébrer la cène a été mise au rang des sacrilèges; l'administration de l'eucharistie, dans l'origine du christianisme, était un acte du culte domestique; le père de famille rompait le pain et communiait avec ses enfants 46.
La prêtrise, avec ses attributions incommunicables, son