AFFRANCHISSEMENT DE LA HIÉRARCHIE CLÉRICALE
caractère sacré, son indélébilité prétendue, son investiture, à quelque source qu'on la fasse remonter, n'est pas aussi anc1* orme que le christianisme. La distinction entre prêtre et laïque n'a pas commencé avec l'Église.
Il était dans la nature des choses que la situation se modifiât promptement ; les apôtres et leurs compagnons d'oeuvre, devenus leurs successeurs, ont dû se chercher ou reconnaître des collègues et des continuateurs, qui sont devenus les premiers prêtres et qui, se recrutant eux-mêmes, ont bientôt formé un clergé dans les rangs duquel le peuple choisissait les pasteurs.
Et pourtant ce n'a été qu'assez taH que le peuple a cessé de se donne, pour chefs spirituels des hommes qui ne s'étaient point enrôlés sous la bannière cléricale.
En vain prétendra-t-on nier la vérité ue ces aperçus en soutenant que les premiers ecclésia:Jin ues ont été les successeurs immédiats des derniers inspirés, qui, par leur inspiration même étaient plus encore que prêtres et pouvaient conférer la prêtrise. Encore une" fois , pendan| que l'inspiration dans ce système commence*" à remettre la conduite de la chrétienté à un corps hiérarchique, les chefs de famille administraient la communion.
Le christianisme a don^ ^omiiiencé sans prêtres. Finirat-il de même47? Nul ne le sait, et, à notre avis, il importe peu. Quand la chrétienté sera arrivée à ce point de progrès de pouvoir se passer d'un ministère sacré pour l'enseignement et le culte, quand chaque père de famille sera chrétien au point de pouvoir suffisamment instruire et suffisamment édifier, la distinction entre clerc et laïque sera si peu importante et si peu marquée, qu'on ne s'en inquiétera ni dans les troupeaux ni dans les clergés.
Pour le moment et pour une période de temps d'une durée complètement inappréciable 48, il est certain que la chrétienté ne peut se passer de sacerdoces.