PROGRÈS DE LA PURE FOI ASSURÉS PAR L'IMPRIMERIE
en particulier et pour son propre compte, c'est que, encore aujourd'hui, se faire des dogmes, c'est se faire des querelles; se donner des convictions, c'est se donner des inimitiés 86, et cependant il n'y a qu'une seule espèce de foi, solide, consolante, salutaire, et qui suffise à la conduite de la vie et de la mort : c'est celle qu'on s'est faite soi-même. Cette liberté est aussi le seul moyen que le Seigneur ait donné à la chrétienté de fonder et de maintenir la paix religieuse entre ses clergés et ses églises 87. Voilà dix-huit siècles et plus que cette paix est vainement cherchée dans une identité, une homogénéité, une harmonie suffisante de foi et de doctrine. L'expérience est complète, descendue jusqu'à nous au bruit des affreuses guerres de religion, à travers assez de torrents de sang, éclairée des flammes d'un assez grand nombre de bûchers. La paix religieuse est à fonder, non dans l'harmonie des esprits, mais dans l'harmonie des cœurs; seulement, cette dernière est impossible avant que l'on soit convenu d'un devoir sacré : le respect mutuel des opinions sincères, et d'un principe fondamental, la valeur de la sincérité devant Dieu et devant les hommes.