‹ Le Christianisme experimentalChapitre 140 sur 163 · LE «EL ET L'ENFER CONSIDÉRÉS EN NOUS · texte numérisé non relu

LE «EL ET L'ENFER CONSIDÉRÉS EN NOUS

tous les rapports (lieu dont remplacement a aussi été recherché), où les méchants sont renfermés, et où, pendant un certain temps, qui s'ouvre également à Tune des deux époques de la fin de la vie ou de la fin du monde, ils sont dans les tourments 90.

Ces concessions mesquines ne répondent pas à la vérité des choses , puisqu'elles sont imprégnées des notions du temps etde l'espace, prises objectivement quoiqu'elles n'aient aucune valeur objective.

Le ciel n'est pas un lieu, l'enfer n'est pas un autre lieu; ce sont des manières d'être; le ciel est un état de l'âme et l'enfer est l'état opposé ; tout revient à dire que dans notre phase future de progrès, ainsi que dans la phase actuelle, l'homme est ce qu'il s'est fait.

Est-il nécessaire ici de remarquer que la conséquence de ces hautes pensées n'est pas plus d'adoucir l'enfer que d'assombrir le ciel? Oui, le ciel du juste est en lui, l'enfer du méchant est en lui ; l'immortalité est profondément subjective ; elle l'est plus, en quelque sorte, que la vie présente, et loin qu'en comprenant ainsi l'avenir on ravisse une gloire aux bons ou une peine aux réprouvés, ne doutons pas que le ciel le plus désirable et l'enfer le plus terrible ne doivent se résumer, se concentrer dans notre cœur.

Et tant il est vrai que plus on sort des apparences pour s'engager dans les réalités, plus aussi on se délivre des difficultés où la foi se brise et se perd, ces définitions de notre avenir le débarrassent des objections et des contradictions inextricables que soulève la notion vulgaire d'un ciel et d'un enfer temporel et local.

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