CHAPITRE X
Idée, but et modèle de la Création.
Il a été dit que l'homme, qui ne se conserve point l'existence, sent qu'il ne se Test point donnée, et, secondement, que sa tendance à des relations avec l'Être infini n'est, pas plus que les autres tendances qu'elle résume et exalte, le produit de sa volonté.
De ces faits (et n'oublions pas que ce sont des faits, et non des raisonnements) il résulte :
Du premier, que l'homme a été créé ;
Du second, qu'il a été créé par Dieu 3e.
Le fini ne peut avoir pour cause première que l'infini . La tendance de l'homme vers l'infini démontre, en effet, qu'il est émané de l'infini; les tendances finies ne peuvent être que l'œuvre de l'Être infini vers lequel elles se dirigent.
La création est , en Dieu , une conséquence naturelle de l'infinité ; ce qui explique comment le fait de la création est, complètement, une vérité de foi et non de raisonnement 3"7.
Et puisque Dieu est un, tout, hors lui, est création38 ; sans quoi, l'idéal ne serait ni un , ni un être, et nous avons reconnu que la religiosité humaine tend, non vers l'idéal personnifié imaginairement , mais vers l'idéal personnalisé. L'homme, individu, s'élance vers un Dieu individuel.
Le but de la création nous est clairement indiqué par nos forces, par nos tendances ; nous avons été créés pour y satisfaire. Telle est notre légitime destinée, notre divine vocation.
Ici se montre la vanité des disputes sur le but spécial de la création. On a demandé si ce but est la culture de l'en-