‹ Le Christianisme experimentalChapitre 51 sur 163 · FIN BU MONDE · texte numérisé non relu

FIN BU MONDE

tout sera appliqué ; alors la nature actuelle s'éclipsera devant les moyens d'une nouvelle phase de progrès.

Cette notion de la fin du monde explique comment F époque en est si complètement inconnue, comment ce secret de l'avenir est si bien gardé 34. Pour savoir quand le monde finira, il faudrait prévoir tous les progrès que F humanité accomplira encore, tous les usages que Fhumanité fera de la nature ; les prévoir, ce serait les devancer 35.

La fin du monde n'arrivera donc qu'au moment de la dernière victoire de l'esprit sur la matière, de l'homme sur la nature ; et comme le vainqueur est nécessairement présent à sa victoire, il suit que toute une génération humaine sera témoin de la clôture de nos siècles d'apprentissage, de la liquidation générale de nos affaires terrestres.

Une génération y sera présente, non une famille, un couple, un individu. L'humanité a pu commencer par un couple ; elle ne peut finir que par une génération au grand complet de ses membres. Deux faciles considérations le démontrent.

Il faut toute une génération pour tenir la nature assujettie jusqu'à la fin.

Si l'humanité finissait sur la terre par épuisement, si la force génératrice allait s' amoindrissant, de telle sorte qu'aux derniers temps, l'humanité fût réduite rapidement en nombre et diminuât au point de ne plus former qu'une tribu, puis une famille, puis un couple, et qu'enfin un seul homme survécût à l'humanité, les derniers des humains auraient une destinée en contradiction avec les tendances humaines, et leur progrès serait violemment entravé et suspendu.

La mort n'étant autre chose que la porte de sortie du monde et de la nature qui servent à la phase actuelle de progrès, il résulte de ce qui précède qu'elle doit, par la nature même des choses, tenir l'humanité sous son joug jusqu'à F avant-dernière génération, et que la dernière n'aura

pas à mourir. La mort est un phénomène de la nature qui nous sert durant cette phase, et la nature finissant, la mort finit avec elle 36.

La dernière génération, sans passer par une mort, passera par une résurrection, c'est-à-dire, qu'elle devra échanger l'organisme devenu inutile de la phase actuelle de progrès contre l'organisme meilleur de la phase prochaine 37.

Toute cette théorie de la fin du monde conduit à cette pensée remarquable, que loin d'être un sujet de tristesse et de terreur , ce grand jour est le point culminant des destinées terrestres de l'humanité ; une joie, et non une affliction; un triomphe, et non un désastre; notre dégagement de la matière, notre assomption vers le ciel 38.

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