DE L INSPIRATION
L'inspiration, on le voit, n'est qu'une relation intellectuelle entre Dieu et l'homme ; et un Dieu sans relations avec ses créatures n'est pas Dieu , car il n'est pas le Dieu créateur.
La Providence n'est qu'une théocratie universelle ; la théocratie proprement dite n'est qu'une Providence nationale, agissant dans un but particulier : l'inspiration n'est qu'une théocratie individuelle.
Toutes nos tendances aident à nos relations avec Dieu , en d'autres termes, au développement de la tendance religieuse, au rapprochement de la créature et du Créateur.
Notre force morale aspire à mettre notre volonté en harmonie avec la sienne ;
Notre force affectueuse, à l'aimer comme il nous aime ;
Notre force sensible, à posséder aussi sûrement notre bonheur qu'il possède le sien.
Comment notre force intellectuelle seule resterait -elle à l'écart et en dehors de ces intimes relations?
En vain prétendra-t-on que Dieu devait revêtir l'àme humaine de facultés suffisantes pour la découverte et la conservation de la vérité religieuse, et s'épargner ainsi le soin de l'inspiration 15. En raisonnant de cette manière, ce n'est pas l'inspiration et la révélation que l'on nie ; le démenti atteint ailleurs : on nie la rédemption. Sans la rédemption, il n'y aurait point la révélation, qui n'en est que le témoignage. La rédemption seule a rendu la révélation nécessaire ; et comme Dieu ne pouvait accorder le remède , savoir, la rédemption, avant le mal, savoir, le péché, il ne pouvait accorder les lumières équivalentes à l'importance du témoignage, savoir, la révélation, quand il n'y avait encore aucun salut dont il fallût témoigner16.